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Le président Al-Sissi à la Bibliotheca Alexandrina

Dimanche, 22 avril 2018

Suite à notre rencontre annuelle avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi, jeudi 19 avril, l’un des membres du conseil des curateurs de la Bibliotheca Alexandrina, Emil Constatinsecu, premier président non com­muniste de la Roumanie après la chute du régime Ceausescu en 1996, m’a dit que, rarement, il avait vu un président aussi transparent et sincère que le président Al-Sissi. Sa manière spontanée de parler amène tout de suite ses interlocuteurs à s’aligner à son point de vue.

Le président a parlé environ une heure avec les membres du Conseil des curateurs qui rassemble des personnalités de renommée mondiale. Le pré­sident a abordé des sujets divers en fonction des questions qui lui ont été adressées. Cependant, j’ai décidé de m’arrêter sur trois thèmes principaux, vu leur importance et parce qu’ils ont été contournés par la presse et les médias qui avaient couverts l’événement. Le premier est la réforme de l’ensei­gnement. Le président Al-Sissi a révélé qu’il en était parfaitement conscient et que ce dossier doit être prioritaire.

Mais l’Egypte était préoccupée ces dernières années par sauvegarder le pays de la chute qui avait été infligée aux pays voisins, a-t-il précisé. Et d’ajouter qu’il était également indis­pensable de subvenir aux besoins quotidiens urgents du peuple. Ensuite, le président a présenté des réalités importantes concernant le budget énorme requis pour la réforme de l’enseignement. Avec 22 millions d’élèves (un chiffre supérieur au nombre d’habitants de certains pays membres de l’Onu), les dépenses de l’éducation frôlent 330 milliards de L.E. Le président a ajouté que le jumelage entre nos universités et les universités internationales coûtait au budget de l’Etat 40 mil­lions de dollars. Comment est-t-il possible qu’un Etat paye cette somme, alors qu’il ne peut pas subvenir aux besoins élémentaires de ses citoyens.

Ensuite, le président a passé en revue les sys­tèmes éducatifs internationaux. Il s’est adressé à la présidente sortante de la Finlande, Tarja Halonen (2000-2012), et lui a dit: « Vous possé­dez la meilleure qualité d’enseignement, pour­quoi ne pas nous aider? L’Egypte est disposée à construire de nouvelles écoles partout, mais où sont vos programmes et vos stages d’entraîne­ment de professionnels? Je suis d’accord que nous construisons les écoles et que vous vous occupez du reste ». Halonen a alors répondu qu’elle allait parler avec l’ambassadrice de la Finlande à propos du programme d’aide alloué à l’Egypte pour voir ce qu’elle pourrait faire à ce propos.

Le président de la République de Serbie, Boris Tadic, a, quant à lui, demandé au président Abdel-Fattah Al-Sissi sa vision sur l’avenir de la région à la lumière des mutations mondiales successives qu’elle traverse. Il y a répondu directement en disant que la région passait par une phase de tran­sition ponctuée par un chaos sans précédent résul­tant des bouleversements qui risquent de la faire basculer dans une guerre. « Avec de tels événe­ments précipités, la seule chose prévisible est la destruction. Comme il arrive en temps de guerre, nous verrons de nouvelles frontières se dessiner et trois Etats deviendront cinq » a-t-il expliqué. Et de poursuivre: « Si vous voulez connaître l’avenir de la région, portez-en un regard sur les gens qui ont du passé les sept dernières années de leur vie dans les camps de réfugiés. Que leur arriverait-il s’ils sortent de ces camps pour faire face à la réalité ? Comment contribueront-ils à façonner la réalité arabe dans un avenir proche? Personne n’apporta de commentaires à ce propos.

Lorsque la Canadienne Margaret Carlson, prési­dente du Conseil consultatif du secrétaire général de l’Onu, avait parlé, elle a décrit la Bibliotheca Alexandrina comme étant une fondation égyp­tienne, mais de possession mondiale. A cet égard, le président Al-Sissi déclara que le grand centre culturel qui est en cours d’établissement à la nou­velle capitale administrative, auquel sera annexé le nouvel opéra, aura la même empreinte.

Au cours de cette rencontre, le président n’a pas omis de parler de la femme égyptienne et de la féliciter pour son patriotisme et son sens de la responsabilité. Il a d’ailleurs affirmé que 60% des électeurs au cours de la récente élection présiden­tielle étaient des femmes. Il a même fait l’éloge de la distinction de la femme aux postes de leadership et a même mis en garde les hommes dans les hauts postes de responsabilité de la possibilité d’ac­croître dans le futur les responsables femmes. A tel point qu’il considère que la nouvelle monnaie locale soit symbolisée par la femme.

Une autre assistante lui dit, pour finir, que les nouvelles générations étaient en colère contre ceux qui avaient formulé la Constitution parce qu’ils ont limité les mandats présidentiels à deux. A cet égard, le président a répondu que l’Egypte com­prenait des personnes compétentes et effectives. « L’Egypte compte de nombreuses personnes comme moi et d’autres bien meilleures », a-t-il conclut .

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