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L'Iran et le monde arabe

Mercredi, 22 novembre 2017

Réunis dimanche au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères ont accusé l’Iran d’ingérences dans le monde arabe. « Les menaces iraniennes vont au-delà de toutes les limites et poussent la région vers un abîme dangereux », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul-Gheit. La réunion se tenait sur fond de tension grandissante entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Riyad cherche notamment à « contrer les interventions iraniennes dans les pays arabes » et à « stopper les atteintes à la sécurité et à la paix ».

Deux incidents survenus au cours des deux dernières semaines ont exacerbé la tension régionale. Le premier est un tir de missile des rebelles houthis du Yémen en territoire saoudien le 4 novembre. Riyad soupçonne l’Iran d’être derrière ce tir. L’autre incident est l’attentat contre un oléoduc à Bahreïn le 11 novembre.

Les relations entre l’Iran et le monde arabe n’ont jamais été au beau fixe depuis la Révolution islamique de 1979, notamment avec la guerre Iran-Iraq. Après la guerre, les Iraniens ont cherché à exporter leurs idées révolutionnaires dans le monde arabe à travers une politique sectaire de soutien aux communautés chiites, surtout en Iraq voisin et au Liban, mais aussi en Arabie saoudite, au Bahreïn et au Yémen. Une politique qui a généré des tensions entre la République islamique et ses voisins arabes. A plusieurs reprises, les Iraniens ont cherché à mettre à profit la conjoncture régionale pour étendre leur influence dans le monde arabe. C’est le cas en Iraq où l’intervention américaine en 2003, la chute de Saddam Hussein et l’avènement d’un gouvernement chiite ont favorisé les interventions de la République islamique dans ce pays où les chiites représentent 60% de la population. La guerre contre Daech dans la région a permis aux Iraniens d’accroître leur influence. Et il n’est un secret pour personne que l’Iran forme et arme les milices chiites d’Al-Hachd Al-Chaabi, qui participent à la guerre contre le groupe extrémiste en Iraq.

Idem en Syrie ou la guerre civile a permis aux Iraniens de s’immiscer dans un conflit marqué par la présence de plusieurs acteurs régionaux et internationaux. L’influence iranienne est présente notamment à travers le soutien indéfectible de Téhéran au régime de Bachar A-Assad. Un soutien tant politique que militaire et financier.

Même chose au Liban, où le Hezbollah pro-iranien, qui participe au gouvernement, joue un rôle important. Enfin au Yémen, les Iraniens sont présents à travers leur soutien politique, même militaire, aux rebelles houthis, même s’ils le nient.

L’influence grandissante de l’Iran et ses interventions répétées dans le monde arabe sont aujourd’hui mal perçues par de nombreux pays de la région.

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