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A propos de l’Unesco

Lundi, 16 octobre 2017

Que faut-il retenir des élections de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) ? Au-delà des résultats et de la victoire finale d’Audrey Azoulay, l’ancienne ministre française de la Culture, on peut d’emblée s’interroger si, au sein de l’Organisation onusienne, gardienne du patrimoine culturel de l’humanité, la politique n’a pas pris le dessus sur la culture. Tandis que les élections étaient en cours, Washington a annoncé son retrait de l’Unesco, accusant l’institution d’être « anti-israélienne ».

Dans son sillage, Israël a annoncé également son retrait, fustigeant le « parti pris anti-israélien » de l’organisation. Ces décisions ne sont pas les premières du genre. Déjà, sous l’administration Obama en 2011, les Etats-Unis avaient gelé leur contribution financière à l’Unesco parce que cette dernière avait accepté l’adhésion de la Palestine. En juillet dernier, les Etats-Unis avaient exprimé leur mécontentement lorsque l’Unesco avait déclaré la vieille ville d’Hébron, au sud de Jérusalem, patrimoine mondial palestinien. Ils avaient alors promis de réévaluer le niveau de leur engagement au sein de l’organisation. L’objectif de l’Unesco, comme l’affirme sa charte fondatrice, est de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre les nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations-Unies reconnaît à tous les peuples ».

En effet, cette institution a été créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par certains pays alliés, pour construire la paix, éradiquer la pauvreté et promouvoir le dialogue. Mais au fil des années, la culture a été reléguée au second plan, et l’Unesco est devenue une arène de luttes politiques et de conflits d’intérêt. Ainsi, la guerre froide entre l’Est et l’Ouest dans les années 1970 et 80 a eu son influence sur l’Unesco. En 1984, les Etats-Unis, sous la présidence de Ronald Regan, ont annoncé leur retrait de l’organisation pour protester contre l’influence communiste au sein de l’organisation. En 1956, l’Afrique du Sud de l’apartheid, jugeant que l’Unesco interférait dans les « problèmes raciaux » du pays, s’en est retirée et n’est revenue qu’avec Nelson Mandela en 1994.

Aujourd’hui, il semblerait qu’une réforme de l’Unesco soit plus que jamais nécessaire. L’institution a besoin d’un projet à même de rétablir la confiance entre ses membres et qui, au-delà des clivages politiques, se focalise sur la seule mission de l’organisation, à savoir la promotion de la paix. L’Unesco a déjà payé un prix très lourd pour sa politisation.

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