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Le message des Frères aux coptes

Lundi, 22 avril 2013

C’est le régime de Sadate qui a commencé à semer les graines de la sédition confessionnelle en Egypte. Puis son prédécesseur, Moubarak, a continué à cultiver la sédition jusqu’à ce que ses fruits amers nous tombent sur la tête. L’Egypte a été sur le point d’exploser à deux reprises, à cause de la sédition confessionnelle. La première fois à la fin du mandat de Sadate et la seconde à la fin de celui de Moubarak. Dans le premier cas, lorsque Sadate a été incapable de gérer les affaires du pays selon sa volonté, il emprunta la politique de l’occupation anglaise : disperser pour mieux régner. Il poussa donc l’Egypte vers l’extrême, ce qui se traduisit par une série d’incidents confessionnels qui ont atteint leur apogée avec celui d’Al-Zawya Al-Hamra en 1980. Puis en septembre 1981, il prit la décision de placer en détention des symboles de tous les courants politiques et religieux. Moins de 6 semaines après, il fut tué par la Gamaa islamiya le 6 octobre 1981. Puis, Moubarak a poursuivi la même orientation. C’est ainsi qu’en 2010, il y a eu le crime de Nag Hammadi et l’année s’est terminée par l’explosion de l’église des Deux Saints à Alexandrie. L’Egypte était sur le point d’exploser quand le régime a réussi à semer la haine entre les Egyptiens sur un fondement religieux. Mais l’explosion politique est survenue le 25 janvier 2011.

C’est ainsi qu’une nouvelle étape a commencé exprimant la véritable essence du peuple égyptien, l’étape du rêve et de l’espoir en la réalisation de la liberté, de la démocratie et de la justice sociale. Les Egyptiens se sont unis exprimant la véritable cohésion du tissu national. Mais une tierce partie est venue enrayer la nouvelle construction dans sa phase transitoire. Elle aurait pu réussir sans l’esprit éveillé de l’élite égyptienne et la maturité de ses jeunes, musulmans et chrétiens, qui ont pris l’initiative d’oeuvres conjointes. Ils ont confirmé que ce qui se passait n’avait d’autre objectif que de diviser le pays sur une base confessionnelle afin qu’il soit plus facile de le diriger par un régime autoritaire, où les revendications religieuses prennent le dessus sur les revendications sociales, économiques et sociales aux dépens de la liberté et de la justice sociale. Puis, la tierce partie a accédé au pouvoir, représentée par le Dr Mohamad Morsi de la confrérie des Frères musulmans. Ce dernier a alors commencé à reproduire les climats de division et de scission confessionnelle.

Les membres de la confrérie ne considèrent pas les coptes comme des concitoyens. Ils pensent qu’ils doivent être écartés de la vie publique et de la participation ayant trait à l’avenir du pays. Cependant, cela est survenu au moment où le pays connaissait de profondes mutations. Les jeunes coptes sont sortis des églises pour aller vers la société. Ils ont organisé des manifestations pour protester contre les politiques de discrimination exercées par le régime de Moubarak. Ils ont participé à la révolution malgré les réserves de l’Eglise. Ils se sont montrés très actifs au moment des élections. Ils sont devenus des membres actifs de la société. Avec le temps, les jeunes coptes ont réussi à attirer les générations plus âgées vers la participation citoyenne. C’est ainsi que les jeunes coptes ont voté pour Hamdine Sabbahi au premier tour de la présidentielle, alors que les plus âgés ont voté pour Amr Moussa ou Ahmad Chafiq, et durant le second tour, de nombreux jeunes ont voté blanc alors que les plus âgés ont voté pour Ahmad Chafiq. De plus, les jeunes coptes ont participé avec force à toutes les activités revendiquant la poursuite de la réalisation des objectifs de la révolution.

Les coptes sont sortis de leur isolement. Ils sont sortis des églises. Ils ont réagi avec force aux causes du pays et de la société. Fait que la confrérie a considéré comme une évolution négative pour plusieurs raisons. Premièrement, cela signifiait qu’ils avançaient sur la voie de la citoyenneté et de l’égalité, et deuxièmement, qu’ils représentaient un solide pilier du courant civil et un crédit important lors des élections. Le plus dangereux, selon la confrérie, est que la nouvelle génération de coptes s’est élevée au-dessus du confessionnalisme et a tissé des liens nationaux. Alors une nouvelle ère a commencé en Egypte dépassant la division confessionnelle et les frictions historiques. C’est ce que nous avons témoigné avec les activités conjointes des jeunes, durant l’ouverture de l’Eglise égyptienne et le suivi de tout ce qui s’y passe comme l’élection du nouveau pape et la participation aux festivités coptes. Un fait qui révèle que le pays a surmonté ses blessures confessionnelles.

C’est alors que la confrérie s’est activée à tous les niveaux pour affronter ce qu’elle estime une grande menace pour son projet, représentée par le recul de l’esprit de confessionnalisme et de fanatisme religieux, ainsi que la participation des coptes aux activités publiques. La confrérie a rapidement commencé sa campagne en intensifiant l’utilisation des slogans religieux. Elle a tenté de soulever la sédition confessionnelle en complotant la mise à feu des églises et les agressions contre les biens des coptes. Puis, elle a poussé des personnalités comme Al-Beltagui et Al-Eriane à parler pour dire que la majorité des protestataires contre Morsi étaient des coptes. Certains sont même allés jusqu’à prétendre que le taux de coptes, ayant protesté devant la palais présidentiel d’Al-Ittihadiya et le siège de la confrérie à Moqattam, s’élevait à 60, voire même 70 %. Mais lorsqu’ils ont réalisé qu’ils n’avaient pas réussi à duper la société, ils ont décidé de faire exploser la violence confessionnelle en exploitant des événements quotidiens et leur conférant un caractère religieux, évoquant un complot manigancé par l’Eglise. Le message le plus important a été l’attaque du siège du pape par les forces de sécurité et les armées d’hommes de main. Mais ce crime ne restera pas impuni. Tous ceux qui y ont participé en payeront le prix tôt ou tard.

Je pense que le message le plus important est celui adressé par les Egyptiens musulmans et chrétiens. Ils ont participé aux funérailles des victimes du complot d’Al-Khoussous. Ils sont allés défendre la Cathédrale et n’ont pas été dupés par les manigances du chef spirituel de la confrérie, qui se sont Tous ceux qui y ont participé en payeront le prix tôt ou tard.

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