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Les ennemis de la civilisation égyptienne

Lundi, 15 avril 2013

C’est alors que les Egyptiens ne manquaient pas de malheurs que sont survenus les événements de la région de Khousous, qualifiés de « sédition confessionnelle », mais qui en réalité ne le sont pas.

Depuis 1972, nous faisons face à une chaîne répétée mais peut-être organisée d’événements criminels qui ont commencé dans la région Al-Khanka, près de Khoussous. Allons-nous entamer une cinquième décennie ? Le rythme de la violence a augmenté et alors qu’un long intervalle de temps s’écoulait entre les incidents à caractère confessionnel, aujourd’hui les drames de ce genre ont eu lieu au moins une fois pas mois avec les mêmes causes, les mêmes conséquences, les mêmes remèdes et les mêmes justifications, qui ne font que reporter le problème à plus tard, ce qui l’aggrave de plus en plus. Ce qu’il y a de nouveau c’est que nous passons par une phase différente et confuse, où la réalité est en contradiction avec les ambitions des jeunes qui se sont révoltés. Une contradiction qui a été confectionnée avec perfectionnisme et méthode, alors qu’il est impossible de lire les crimes commis sur une base religieuse, et faussement appelée sédition confessionnelle, avec les explications de l’ancien régime données par les nouveaux dirigeants et leur projet. Un projet qui nous avait promis une renaissance avec des solutions radicales à toutes nos souffrances.

Il est donc impossible de lire les événements de Khoussous séparément de la scène générale actuelle et de la campagne médiatique préparée par les partisans du régime en place. Les chaînes religieuses fanatiques diffusent les dessins ayant causé l’explosion de violence et accusent des jeunes coptes d’avoir dessiné une croix gammée sur les murs d’une école azharite. Mais ces chaînes ont négligé les déclarations du responsable de la sécurité du gouvernorat de Qalioubiya assurant que les dessins ont été l’oeuvre d’adolescents musulmans.

Est-il possible de comprendre ce qui s’est passé sans prendre en considération les tentatives répétées de déstabiliser le système sécuritaire officiel, pour mettre en avant l’idée des milices et armer les jeunes Frères musulmans ? Ou aussi sans prendre en considération les tentatives de promulguer une loi qui permette d’user des slogans religieux dans les campagnes électorales ? Est-il possible que ce qui s’est passé n’ait rien à voir avec la déclaration de l’Eglise égyptienne, selon laquelle elle ne fait plus partie du jeu politique ? Ce qui signifie l’appel des coptes à assumer la responsabilité de la participation sociale et politique sans tutelle. Prenons également en considération la participation positive des coptes dans la défense de l’Institution d’Al-Azhar, alors qu’un complot visait à éloigner le grand imam, le cheikh Ahmad Al-Tayeb.

En essayant de comprendre les circonstances de l’attaque contre les funérailles à la Cathédrale Saint-Marc, il faut prendre en considération le choc causé, chez les « mains invisibles », par les participants scandant des slogans hostiles au pouvoir des Frères musulmans.

Il y a ici une comparaison qui saute aux yeux. Elle concerne la réaction officielle provocante et immédiate lors des événements du siège de la confrérie à Moqattam et le silence presque total des mêmes parties officielles qui se sont contentées d’un fade communiqué ne faisant allusion à aucune condamnation à la hauteur des crimes commis.

La lecture objective des événements de Khoussous et de la Cathédrale prouve qu’ils n’ont pas éclaté par hasard. Tout prouve que ces événements font partie d’un grand plan diabolique et peut-être même qu’ils ont été complotés pour faire l’effet d’une bombe, préparant la voie au plan de kidnapping de la patrie.

Malgré l’horizon obscur actuel, des aspects positifs prouvent que la volonté des coptes n’a pas été brisée. Au contraire, les événements prouvent que les coptes restent un chiffre important dans l’équation égyptienne. Cela s’est clairement traduit dans l’allocution prononcée par le secrétaire du haut conseil de l’Eglise au cours des obsèques.

L’un des aspects les plus positifs est la marche organisée par des jeunes Egyptiens musulmans se dirigeant de la mosquée d’Al-Nour à la Cathédrale, pour annoncer leur protection contre l’attaque féroce des ennemis de la civilisation égyptienne, caractérisée par la diversité et la tolérance. Personne ne peut empêcher les voix de ces jeunes, prouvant que le plus malin des complots ne peut porter atteinte à l’unité des Egyptiens.

Mais au milieu de tous ces points positifs reste la confusion du ministère de l’Intérieur. Nous avons vu des positions qui manquent de fermeté envers les attaquants et le recours à des prétextes creux pour justifier la violence contre les victimes. Mais les caméras de télévision ont tout enregistré, et nous avons également vu que les attaques venaient de l’extérieur de la Cathédrale en présence de la police.

Pour que ces événements soient les derniers sur cette ligne, il faut que le président de la République et le gouvernement entament une enquête sérieuse pour connaître les comploteurs de ces événements. Et ce, dans un contexte de restauration de l’Etat de droit. Faute de quoi nous avancerons vers l’effondrement. Nous ne l’espérons pas !

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