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Le parti de la Conférence

Lundi, 24 septembre 2012

Après une longue attente, un nombre de partis politiques ont enfin annoncé leur intention de se rassembler pour former un nouveau parti portant le nom de Moatamar (parti de la Conférence), présidé par Amr Moussa.

A mon avis, la création de ce parti en parallèle ou ultérieurement à l’apparition d’un nombre de blocs et d’autres coalitions sert positivement le régime politique égyptien durant la phase de l’après-révolution du 25 janvier.

Si les partis politiques sont décrits comme étant le nerf de tout régime politique moderne, la pluralité est quant à elle le nerf de tout régime démocratique, quand elle est réelle et effective et non pas formelle. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait plus qu’un parti fort représentant des tendances politiques différentes, capables de s’engager dans une concurrence électorale et de réaliser une alternance du pouvoir à travers un processus électoral démocratique, et non pas des illusions théoriques.

Avant la révolution du 25 janvier, l’Egypte connaissait une pluralité politique depuis 1976, mais c’était une pluralité formelle. En effet, il n’était pas permis que le Parti national démocrate, au pouvoir passe du côté de l’opposition ou qu’il soit remplacé au pouvoir par un autre parti ou une autre coalition. C’est ce qu’on appelle le régime du parti unique. C’est-à-dire le régime d’un parti unique avec la présence formelle de quelques petits partis qui orbitent autour de lui juste pour donner l’impression de l’existence d’une pluralité. Et puisque la révolution du 25 janvier a concrétisé la volonté du peuple de changer le régime d’autoritaire en démocratique, la réalisation de cet objectif nécessite la présence d’une vie partisane réelle. Chose qui ne peut se réaliser qu’à travers l’existence de plusieurs partis forts, et non pas marginaux.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la formation du parti de la Conférence, considéré comme étant un pas important sur la voie du régime démocratique concurrentiel auquel nous aspirons. Cette étape acquiert une importance encore plus grande avec la tendance d’autres partis à réaliser eux aussi une coalition, en plus de l’apparition de nouveaux partis comme Al-Dostour (la Constitution) dirigé par DrMohamed ElBaradei et le parti du Mouvement national égyptien, alors que tous deux balancent entre le libéralisme et le socialisme démocratique.

Toutes ces évolutions semblent être positives et appellent à l’optimisme quant à un avenir démocratique pour la nouvelle Egypte.

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