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Quelle est l'explication ?

Lundi, 11 mars 2013

Des actions curieuses ont lieu autour de nous, sur la scène intérieure du pays. Quelle est la signification des grèves des forces de sécurité , auxquelles nous ne sommes pas habitués ? De prime abord, l’observateur est frappé par le mutisme du ministère de l’Intérieur face à la fronde des hommes de police. Dans de tels cas, en général, il est censé négocier avec tout organisme recourant à une grève pour y mettre fin. Je me suis rendu cette semaine dans un poste de police et j’ai trouvé les forces de sécurité stationnant à ses portes et brandissant des pancartes de protestations. On aurait dit des manifestations sur les marches du syndicat des Journalistes.

Lorsque j’ai demandé le commissaire, on m’a dit qu’il était dans son bureau à l’intérieur du poste. Quelle est la signification du retrait officiel de la police de certains lieux, d’une manière suscitant doute et suspicion ? Lorsque la police s’est retirée des rues dans les premiers jours de la révolution, cela s’est passé au milieu d’un état généralisé de perturbations où les prisons avaient été prises d’assaut.

Dans ces circonstances, vieilles de deux ans seulement, la police a été obligée de réagir ainsi et ne l’a pas fait de son propre chef. Quelle est l’explication des sociétés privées de sécurité qui auront comme prérogatives le port et l’usage d’armes, bien que l’ancienne comme la nouvelle Constitution interdisent de telles organisations ? Un groupe islamiste a annoncé officiellement sa disposition à préserver la sécurité dans les sites desquels le ministère de l’Intérieur s’est retiré. De quoi s’agit-il ? Cela est-il permis ? Tout organisme non officiel a-t-il le droit de porter des armes, d’arrêter et d’incarcérer comme bon lui semble ? Est-ce une coïncidence que des préparatifs soient pris par des sociétés privées de sécurité armée, au moment où le ministère de l’Intérieur annonce son retrait de certains lieux sous prétexte d’une grève de quelques uns de ses effectifs ? L’exemple de la compagnie américaine Black Water, en Iraq, reste vivant dans les esprits, avec toutes les affres qu’elle a commises.

Black Water était une société privée de sécurité fondée en 1997 dans l’Etat de Virginie. Les forces d’occupation américaines en Iraq ont eu recours à ces forces privées pour préserver la sécurité en Iraq, après que l’appareil de police et l’armée iraqienne avaient été totalement détruits. Comme elle était une compagnie privée indépendante du gouvernement, l’administration américaine ne se trouvait pas responsable des atrocités qu’elle avait commises. Et donc ses violations n’étaient pas attribuées au gouvernement américain. Les forces de Black Water ont été interpellées en dehors de l’Iraq. Mais pour le cas égyptien, il n’est pas un secret qu’il existe des organisations ayant des milices clandestines armées pouvant assumer les tâches requises, loin du questionnement gouvernemental. Nous avons vu des scénarios similaires après le déclenchement de la révolution, mais les autorités fermaient les yeux sur ces comportements et se contentaient de les surnommer « tierce partie ». Après l’accession des Frères au pouvoir, le temps est-il venu pour que cette « tierce partie » se démasque et commence à assumer sa mission au grand jour ? Mais ce qui serait étonnant est que ces groupuscules le fassent avec la main tendue des dirigeants du ministère de l’Intérieur .

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