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Une démission inéluctable

Lundi, 11 mars 2013

Au long de ces derniers mois, le citoyen égyptien n’a jamais vraiment ressenti l’action du gouvernement dans les différentes affaires de l’Etat. Le pire est que les questions cruciales comme l’instauration de la sécurité, le contrôle des prix et la garantie des services n’ont pas reçu l’intérêt qu’elles méritent de la part des responsables. En suivant les médias, on apprend que des crimes sont commis quotidiennement, ce qui prouve que la sécurité manque dans la rue. Ceci s’applique également à la question de la hausse continue des prix et à la nécessité d’alléger les charges des couches sociales les plus démunies. Tout cela renforce chez les citoyens le sentiment de l’absence d’un rôle gouvernemental effectif. Il devient donc facile de dire que le fossé s’élargit jour après jour entre les citoyens et le gouvernement à cause de la mauvaise gestion et l’incapacité à réagir avec compétence aux problèmes quotidiens des citoyens.

Ceci nous pousse poser la question suivante : face à toutes les erreurs et tous les faux pas que connaît actuellement le pays, le gouvernement ne devait-il pas démissionner comme ce la se passe dans les pays développés où tout responsable s’empresse de déposer sa démission dès que son incapacité à remplir ses missions est flagrante ? Cette question de la démission est considérée comme étant une exception dans la majorité des pays arabes, y compris l’Egypte.

La culture de la reconnaissance de ses fautes ou ses négligences n’existe pas chez nous. Au contraire, des prétextes et des justifications sont présentés quand une catastrophe a lieu, et le responsable reste à son siège pour ne le quitter que dans deux cas : la révocation ou le licenciement. La vérité est que cette contradiction entreles deux cultures dépend de l’existence de conceptions et de valeurs du contrôle et de la comparution en justice d’un responsable, quelque soit son poste, en cas de négligence ou d’échec. Par exemple, le ministre britannique de l’Environnement, Kris Hamon, a démissionné en février dernier après que le Parquet l’eut accusé d’influer sur le cours de la justice pour échapper à une contravention routière.

Et ce qui s’est dernièrement passé en Inde prouve combien la situation est détériorée en Egypte. En effet, le ministre Azam Khan a démissionné après la mort d’un nombre de pèlerins hindous à cause de l’encombrement dans une gare. Chez nous, quand un accident de train a lieu, le ministre avance des prétextes et des explications sans aborder sa responsabilité dans l’accident.

Bref, dans le contexte de la souveraineté de la loi et de la surveillance des institutions de l’Etat, il existe des garanties qui poussent le responsable à démissionner en cas de négligence, de corruption ou d’échec. Chose qui n’est pas appliquée en Egypte.

Les accidents graves qui ont lieu, en partant des navires qui échouent, de l’agression des citoyens et de leurs humiliations, des accidents de la route, de l’incendie de la montgolfière pour en arriver à l’échec d’affronter l’attaque des criquets qui menace notre sécurité alimentaire … Tout ceci prouve l’incapacité du gouvernement à gérer l’Etat et prouve aussi qu’il ne possède pas de vision globale lui permettant de traiter les événements soudains. La démission du gouvernement actuel devient indispensable.

Ce gouvernement doit être démis de ses fonctions pour que la sécurité et la stabilité règnent dans le pays. Le gouvernement du Dr Hicham Qand il n’a plus de projet pour sortir le pays du tunnel. Aucun prétexte ne justifie donc qu’il reste au pouvoir, sauf s’il a des projets secrets dont la population ne sait rien. Tout le monde doit remettre en considération sa position envers un gouvernement qui n’accorde aucun intérêt aux erreurs commises parce qu’il n’en est pas sanctionné.

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