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Entre la sécurité et la politique

Lundi, 11 mars 2013

Je ne sais pas quand le pouvoir en Egypte réalisera que les solutions sécuritaires ne suffisent pas et que les questions politiques et leurs crises nécessitent une réflexion politique et non des forces de sécurité centrale. L’ancien régime a jeté sur la police tous les conflits politiques, depuis les manifestations des journalistes et des juges jusqu’à celles des étudiants. Les personnes au pouvoir croyaient que la violence et laforce étaient le meilleur moyen d’affronter l’opposition.

Mais c’est ainsi que les forces de police ont été incapables d’affronter les jeunes révolutionnaires, que l’ancien régime est tombé et que le président Moubarak est parti. Il est fort étrange que le régime actuel répète les mêmes fautes. La preuve est ce qui se passe à Port-Saïd et à Mansoura. Ces grandes villes égyptiennes brûlent depuis plusieurs semaines sans que personne s’émeuve. Le pouvoir politique a fait tomber toute la responsabilité sur le service de la police.

Pour quelle raison le policier doit-il assumer cet énorme fardeau politique ? Pour quelle raison le ministère de l’Intérieur doit-il assumer la responsabilité de l’échec de tout un gouvernement pour aller tous les jours dans des affrontements sanglants contre le peuple ? Les habitants de Port-Saïd réclament maintenant le départ des forces de sécurité centrale pour remettre la responsabilité de la sécurité aux forces de l’armée. Il est fort étrange que les forces politiques soient entièrement absentes de la scène et que toute la responsabilité retombe sur le service de la police.

La même chose se répète à Mansoura ,où se poursuivent les affrontements entre les forces de sécurité et les citoyens.

Je n’arrive pas à imaginer comment le premier ministre peut se déplacer à l’étranger alors que le pays brûle et que le gouvernement et tous les responsables sont absents de la scène politique. Les responsables devraient se déplacer pour écouter les plaintes et les revendications des citoyens de Port-Saïd et de Mansoura. Ils croient à tort que les choses vont se calmer avec le temps alors qu’il est clair que les flammes de la colère, de la rébellion et de la désobéissance civile se propagent d’un gouvernorat à l’autre.

Et plus le nombre de morts et de blessés augmente plus les choses empirent. Les leçons du passé confirment que les crises politiques nécessitent un dialogue et non des forces de sécurité centrale. Ce qui se passe à Port-Saïd et à Mansoura est la plus grande preuve de l’échec de la théorie de la sécurité face à la politique. Pourvu que nous apprenions quelque chose des leçons du passé.

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