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Edito: Washington et la crise syrienne

Lundi, 04 mars 2013

En tournée régionale cette semaine en Europe et au Proche-Orient, le secrétaire d’Etat, John Kerry, a annoncé une aide supplémentaire de 60 millions de dollars à l’opposition politique syrienne et, pour la première fois, des aides directes non létales à la rébellion, sans franchir le pas de la livraison d’armes. « Les Etats-Unis vont fournir 60 millions de dollars d’aide non létale pour soutenir les besoins opérationnels de la Coalition de l’opposition », a déclaré à la presse John Kerry, en marge d’une conférence internationale à Rome, au côté du chef de la Coalition de l’opposition, Ahmad Moaz Al-Khatib.

Washington prône, en effet, une solution politique au conflit en Syrie et a toujours émis des réserves au sujet d’une aide militaire directe à l’opposition syrienne. Ainsi, le soutien de Washington aux rebelles syriens se limite à une aide logistique et financière (équipements de communication, aide médicale, formations, nourriture, etc.). Mais pourquoi ? Les Américains craignent en réalité que des armes livrées à l’opposition syrienne ne tombent aux mains d’islamistes. Mais ce qu’ils craignent le plus, c’est l’avènement en Syrie d’un régime islamiste, plus ou moins radical, si le régime de Bachar Al-Assad venait à tomber. Tant en Egypte qu’en Tunisie les révoltes populaires contre les régimes en place ont permis l’avènement de régimes islamistes. Or, Washington ne veut pas voir un tel scénario se répéter en Syrie, un pays qui par sa proximité avec Israël revêt une importance stratégique capitale. C’est dans ce contexte que les Américains favorisent une solution politique en Syrie, un processus de transition où ils ont un rôle à jouer, plutôt qu’une solution militaire dont l’issue serait totalement « incontrôlable ». Depuis le début de la crise, Washington tente de limiter l’influence des islamistes dans les instances de l’opposition, d’abord au sein du Conseil national syrien puis au sein de la présente Coalition de l’opposition. L’attitude de Washington lui vaut des critiques dans les rangs de ses alliés du Golfe, qui soutiennent et arment l’opposition syrienne contre le régime de Bachar Al-Assad, grand allié de Téhéran.

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