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Edito: Le consensus ou le chaos

Mardi, 26 février 2013

Le climat d’extrême polarisation dans lequel est plongée l’Egypte depuis des mois ne semble pas prêt à prendre fin. Tandis que le président Morsi et la confrérie des Frères musulmans, au pouvoir, décidaient d’organiser les élections législatives au mois d’avril (celles-ci se dérouleront sur quatre phases à partir du 22 avril), l’opposition montait au créneau pour dénoncer « une supercherie ». « J’avais appelé au boycott des élections législatives en 2010 pour montrer qu’il s’agissait d’une parodie de démocratie.

Aujourd’hui, je répète mon appel », a annoncé Mohamed ElBaradei, figure de proue de l’opposition. « Il y a un groupe important qui veut le boycott, mais cette question n’a pas encore fait l’objet de discussions et aucune décision n’a été prise », a déclaré, pour sa part, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Amr Moussa, membre du Front National du Salut (FNS, coalition de l’opposition comprenant l’opposition libérale et de gauche).

Le Front estime en effet que le pouvoir islamiste n’a pas pris toutes les mesures à même de garantir la transparence des élections. Il réclame la démission du gouvernement actuel et la nomination d’un gouvernement de salut national qui peut, aux yeux des leaders de l’opposition, mieux garantir la transparence du processus électoral. L’opposition réclame aussi la démission du procureur général nommé par le président Morsi et son remplacement par un procureur « indépendant et non affilié à la confrérie ».

Mais face à ces revendications de l’opposition, les Frères affichent une fin de non-recevoir. Simple entêtement ? Non.

La confrérie craint qu’en acceptant les exigences de l’opposition, elle n’ouvre la voie à d’autres revendications et qu’elle ne paraisse devant ses sympathisants en position de faiblesse par rapport au FNS.

Ainsi, la confrérie semble prise dans un étau entre ses bases populaires et les revendications du FNS, avec pour résultat une impasse totale et l’échec du dialogue auquel le président Morsi avait appelé.

Mais qui assume la responsabilité de ce blocage ? Tant la confrérie que le FNS. Car si la confrérie fait la sourde oreille aux revendications du FNS, celui-ci affiche un certain opportunisme et cherche à mettre à profit les violences dans les rues pour réaliser des gains politiques. Déjà fortement polarisée, la scène politique est sujette à de profondes divisions. Et la question qui se pose à présent est : vers quel scénario se dirige-t-on ? En l’absence de consensus, et avec les élections qui approchent, l’Egypte pourrait se retrouver à nouveau prise dans le cycle infernal de la violence et du chaos.

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