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Avant le dialogue

Lundi, 25 février 2013

On ne peut qu’être confus face à ce dialogue national que réclament toutes les parties, y compris le pouvoir et l’opposition, alors que rien ne prouve leur sérieux. La raison n’est nullement les conditions préalables que pose l’opposition et que refuse le pouvoir, car la réalité prouve qu’il n’y a pas de conditions préalables, mais plutôt un agenda approuvé par les deux parties comprenant de nombreux sujets, dont les plus importants sont la formation d’un gouvernement de coalition, l’amendement des articles sujets de polémiques dans la nouvelle Constitution, la légalisation de la position du nouveau procureur.

La raison n’est pas non plus que l’opposition veut mettre en cause la légitimité du président Morsi, car aucun pôle de l’opposition n’a parlé de la mise en cause de la légitimité du président malgré le discours de certains sur des élections présidentielles anticipées.

En effet, la principale chose que veut le peuple est que le président Morsi soit le président de tous les Egyptiens plaçant les intérêts du pays au-dessus des intérêts de son groupe, préservant le nationalisme de certains postes importants comme les ministres de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères et de la Justice qui doivent rester en dehors du cercle partisan comme le font les Tunisiens actuellement. Le peuple veut donner à la police et à l’armée les outils nécessaires pour devenir des institutions dévouées à la nation, se tenant à une même distance de toutes les parties du conflit politique.

Si le fléau de l’opposition est qu’elle ne détient pas entièrement les rênes de la rue politique que se disputent de nombreux blocs politiques aux différents programmes et objectifs, il est cependant fort erroné de considérer les figures de proue de l’opposition comme des parasites sur la position politique car ils ont un large public. Il incombe également aux figures de proue de l’opposition de présenter à l’opinion publique égyptienne pendant leurs nombreuses conférences de presse leur qualité de partenaires fondamentaux dans la prise de décisions de l’opposition.

Le fléau du pouvoir, lui, est certainement la dualité de ses positions. Alors que le président réclame un dialogue ouvert avec l’opposition discutant de tous les problèmes et regroupant toutes les parties sans conditions préalables, s’élèvent les voix des groupes soutenant le pouvoir dans une chorale organisée pour refuser le dialogue et adresser les pires accusations aux pôles de l’opposition. Au même moment, le fait accompli est ancré à travers des législations et des lois promulguées par le Conseil consultatif.

Des législations et des lois taillées pour l’intérêt d’un seul clan. Ce sont tous là des comportements susceptibles de susciter les doutes autour de l’utilité du dialogue avant qu’il ne commence.
Etant donné que la crise de confiance est profonde entre les deux parties, il est peut être indispensable avant de commencer le dialogue de placer la relation entre le pouvoir et l’opposition dans un cadre qui respecte la légitimité.

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