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Israël veut-il la paix ?

Lundi, 01 août 2016

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, était cette semaine à Paris où il a rencontré le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Objectif : tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient et parvenir à la solution des deux Etats. Face à l’incapacité des Américains de faire pression sur Israël, Paris avait lancé il y a quelques mois une initiative visant à relancer le processus de paix, au point mort depuis l’échec en 2014 de l’initiative américaine. Consciente que la situation actuelle dans les territoires palestiniens ne peut que favoriser l’extrémisme religieux et faire le jeu de groupes terroristes comme Daech, et partant du principe que depuis 20 ans les négociations israélo-palestiniennes n’ont donné aucun résultat, la France propose une formule nouvelle qui consiste à placer les négociations sous le parrainage d’un groupe de pays. Paris, qui tente à présent de mettre sur pied d’ici la fin de l’année une conférence internationale pour la paix au Proche-Orient, propose de revenir sur les termes de référence historiques des négociations, notamment la question des frontières. L’initiative française est certes un pas positif, surtout face à l’inertie américaine. Mais il convient de s’interroger : Israël veut-il vraiment la paix ? Tel-Aviv a déjà déclaré la guerre à l’initiative française. En avril dernier, le gouvernement israélien dépêchait l’ancien président Shimon Peres à Paris pour expliquer aux responsables français l’opposition de son pays à de nouvelles négociations sur les frontières avec les Palestiniens, car ces derniers « disposent déjà entre le mur de séparation et le Jourdain d’un espace qui pourrait devenir leur Etat ».

Le rejet par l’Etat hébreu de l’initiative française s’explique d’abord par son refus de sortir du parrainage quasi exclusif des Etats-Unis pour entrer dans un cadre multilatéral où les pressions peuvent s’avérer plus grandes. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ne veut pas non plus faire la moindre concession aux Palestiniens sous peine de compromettre sa relation avec l’extrême droite au sein de la coalition gouvernementale. L es Palestiniens, las de la passivité américaine, sont favorables à cette initiative qui rompt avec l’ancien processus de paix et rappelle les principes essentiels sur lesquels doit être fondée toute solution du conflit. A Paris, Mahmoud Abbas a souhaité que toute relance du processus de paix au Proche-Orient s’inscrive dans un calendrier. Mais sur le terrain, Israël poursuit sa politique du fait accompli en étendant la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Netanyahu a déjà prouvé qu’il ne veut pas la paix.

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