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Progrès et justice sociale

Lundi, 18 février 2013

Une lecture comparée et détaillée des pays qui nous devancent en matière de développement montre clairement que leur avancée a été conditionnée par le degré de justice sociale qu’ils ont réalisé et l’affranchissement total des prescriptions des institutions monétaires internationales qui recommandent l’intégration dans l’économie libre et la privatisation.

Si nous prenons l’exemple des pays d’Amérique latine, tels le Brésil, le Chili, l’Uruguay, le Costa Rica ou des pays asiatiques comme l’Inde, la Malaisie et le Viêtnam, nous verrons que la justice sociale est l’un des piliers du progrès. Il est à remarquer que nous avons exclu de cette liste le Japon, la Chine et la Corée et que nous nous sommes focalisés sur des pays que nous devancions un jour et qui ont fini par connaître un essor sans limites.

Dans ces pays, la règle de la justice sociale a été acceptée par toutes les forces politiques sans distinction aucune. Des libéraux aux socialistes démocrates en passant par les religieux et enfin les marxistes. Tous étaient d’accord que la mission principale d’un gouvernement consiste à réaliser la justice sociale en luttant contre la pauvreté et en garantissant à la population l’assurance médicale, l’éducation et les services élémentaires. Il s’agit aussi de garantir l’égalité des chances entre les citoyens, et ce, à travers une distribution équitable des richesses nationales. Mais cette égalité ne suffit pas à elle seule pour réaliser le progrès, il faut que les autres facteurs du progrès entrent en jeu, comme l’industrialisation et la participation active aux évolutions technologiques.

Le Brésil est devenu un acteur essentiel du projet de décryptage du génome humain. Ce pays a su accompagner l’essor technologique qui a envahi le monde. Le Chili, pour sa part, occupe la 9e place mondiale en matière de technologie de l’information. D’ailleurs, les indices nous disent beaucoup sur les progrès des pays d’Amérique latine en matière d’investissement dans le domaine de la technologie de l’information. Ces investissements se chiffrant à 150 milliards de dollars, à un moment où le chiffre total des investissements mondiaux en la matière ne dépasse pas les 200 milliards de dollars. Le Costa Rica arrive après la Chine et l’Inde sur la liste des pays créateurs de logiciels et de puces électroniques. Ces pays méritent leur surnom de républiques numériques au lieu de républiques bananières.

Au Brésil, au Chili et en Uruguay, le taux de pauvreté a été réduit de 15 % et le taux de croissance a augmenté atteignant en moyenne les 8 %. Le niveau d’éducation a connu une nette amélioration et la classe moyenne s’est raffermie.

La vision de ces pays est allée au-delà de la vision traditionnelle selon laquelle on peut réaliser la justice à travers les activités bénévoles en accord avec les principes religieux. Cependant, ces activités basées sur des notions d’humanisme ou sur des principes religieux ne peuvent à elles seules mener les nations au développement. Il est indispensable d’adopter ce qui convient d’appeler le « revirement complexe » sans lequel le progrès ne peut pas voir le jour dans le monde d’aujourd’hui, un monde axé sur l’agriculture, l’industrie et la technologie.

Notons que des recherches ont été élaborées dans plusieurs pays et montrent qu’il y a une différence entre les politiques sociales qui reposent sur l’intégration dans l’activité publique des marginalisés et des laissés-pour-compte, sujets à une discrimination, et les politiques sociales reposant sur les oeuvres bénévoles et les dons auxquels on a recours pour plus de facilités. Pour finir, il est important de préciser que la justice sociale est une condition sine qua non pour rattraper le cortège des pays développés. Il va sans dire que la réussite du projet de développement dans ces pays, abstraction faite de leur identité culturelle, a été basée sur la mise en pratique du principe de justice sociale .

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