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Le Brexit et les pays émergents

Lundi, 27 juin 2016

Quelle secousse ! Le Royaume-Uni a fini par voter en faveur d’une sortie de l’Union européenne après 43 ans de présence. Il avait, en effet, intégré l’Union en 1973. Une surprise de taille dont l’onde de choc ira au-delà des frontières du vieux continent tant sur le plan économique que politique.

Mais c’est en premier lieu la portée symbolique de cette décision qui retient l’attention. L’Europe, longtemps considérée comme un modèle d’intégrité économique et de stabilité politique, a inspiré d’autres blocs dans le monde à l’exemple de l’Union africaine et du COMESA en Afrique. Mais ce modèle est aujourd’hui remis en cause, affaibli par le contexte régional, les vagues migratoires et la montée de l’extrême droite en Europe qui a fait campagne contre l’Europe unie et qui sera sans doute le premier gagnant de ce Brexit. La crainte pour les Européens à présent est que ce Brexit ne donne des idées à d’autres pays européens.

Les conséquences économiques sur le tiers-monde et les pays émergents ne sont pas non plus à négliger. C’est le cas notamment en Afrique. Des pays comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Botswana, l’Angola, le Kenya, le Ghana et le Sénégal pourraient faire les frais.

Les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud, première économie africaine, atteignent 8,3 milliards de dollars. Il était prévu qu’ils atteignent 28 milliards d’ici la fin de la décennie. En raison du Brexit, les accords commerciaux précédemment conclus avec l’Europe pourraient être renégociés. Plus largement, c’est l’ensemble des investissements en direction du continent africain qui pourraient ralentir.

Au-delà du continent noir, le Brexit risque d’avoir des répercussions sur l’économie mondiale. Les économistes s’attendent déjà à une fragilisation de l’économie européenne. Celle-ci ne pourra plus prendre le relais attendu des économies émergentes qui ont soutenu l’économie mondiale depuis la crise de 2008, avant de s’effondrer en raison de la chute des prix des matières premières. Le ralentissement de l’économie mondiale pourrait s’accentuer et entraîner une baisse de la demande sur le pétrole, et par conséquent, une chute des cours avec des effets directs sur les économies du Proche-Orient. La crainte des milieux économiques est que ce Brexit ne se traduise par un effet domino qui finirait par atteindre une économie mondiale déjà fragilisée.

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