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Edito: Maux politiques

Lundi, 04 février 2013

La crise sans précédent que traverse l’Egypte est symptomatique des maux politiques dont souffre le pays qui tente de passer d’un système autocratique à celui d’un Etat démocratique. La question se pose avant tout sur le plan du comportement antidémocratique des uns et des autres. Les protestations contre les politiques du régime dominé par les Frères musulmans ont rapidement et facilement viré à la violence en raison d’accumulations d’hostilités, remontant au régime de Moubarak, entre des pans de protestataires et les forces de l’ordre. Une bonne partie des slogans des manifestants réclame désormais la chute du président et du régime des Frères musulmans, bien que Mohamad Morsi ait été démocratiquement élu, il y a à peine sept mois. L’opposition libérale, incapable de tenir en échec la mouvance islamiste lors des consultations électorales, favorise le recours à la rue pour compenser sa faiblesse. Bien qu’elle ne soit pas à l’origine des violences qui émaillent souvent les manifestations, elle s’en frotte les mains, car elles mettent le régime dans l’embarras et pointent sa responsabilité sur l’usage excessif de la force ou le manque de protection des manifestants. La conséquente perte de crédit du régime devrait, pense l’opposition, pousser le pouvoir à faire des concessions. De son côté, le régime a jusqu’ici poursuivi des politiques qui ont montré son avidité du pouvoir, sans tenir compte des considérations particulières de la délicate période de transition que traverse l’Egypte. Ce qui a suscité une levée de boucliers et les craintes de larges segments de la classe politique et de la société contre ce qu’ils perçoivent comme une tendance hégémonique de la part de la confrérie, au mépris de la démocratie, et une reproduction du régime autocratique, avec une coloration religieuse en plus. Le Parti Liberté et justice, bras politique de la confrérie, a souvent eu tendance à confondre majorité parlementaire et démocratie. Il a été enclin à interpréter sa majorité relative comme une carte blanche dans la gestion des affaires de l’Etat et la rédaction de la Constitution, sans égard au fait que le pays traverse une période particulière, au cours de laquelle il jette les bases d’un nouveau système politique, ce qui nécessite la contribution du plus grand nombre de partenaires.

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