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Entre despotisme et dialogue

Lundi, 04 février 2013

Ce n’est pas la première fois que je décide d’aborder une question très importante, voire la plus importante au niveau social : le dialogue, qui est le meilleur mécanisme apte à construire les sociétés et à sauvegarder leur consistance.

La crise enchevêtrée que vit actuellement l’Egypte suscite une question autour du moyen d’en sortir. La réponse évidente est un dialogue national qui rapproche les différentes parties et ne les éloigne pas, et qui présente des solutions et ne complique pas les problèmes.

C’est là où réside l’unique issue. Et pourquoi pas, alors que Dieu a dit dans le Coran, parlant à son prophète, « Débats avec eux de la meilleure manière ». C’est donc un ordre divin stipulant que le dialogue et le débat soient effectués d’une manière calme et raisonnable, car c’est l’unique moyen de réaliser l’entente nationale et poser les assises de la coexistence.

C’est à partir de ce principe qu’est venue l’invitation du président de la République, au cours de son dernier discours concernant les événements qui ont accompagné la commémoration de la révolution du 25 janvier, à entamer un nouveau dialogue national. Pour réussir le dialogue, il y a 2 conditions qui doivent être réalisées. La première concerne la présidence qui a fait cette invitation, elle est appelée à exposer avec le maximum de clarté les normes et les mécanismes du dialogue ainsi que les questions qui doivent être discutées. Et avant tout cela, il faut que la présidence présente des garanties pour la mise en application des accords et des décisions auxquels aboutira le dialogue. Est-il vraiment possible de rendre les résultats du dialogue obligatoires ou cela se passera-til comme lors des fois précédentes ? La seconde concerne la position des autres forces politiques qui insistent à imposer leurs conditions avant de s’installer à la table du dialogue. Cette question ne s’accorde pas avec la nature de l’invitation au dialogue qui stipule que toutes les parties proposent leurs avis, leurs idées et leurs conceptions à propos des questions sujettes aux polémiques puis proposer des solutions et des alternatives.

Il est évident que les événements dangereux que vit actuellement l’Egypte menacent la stabilité de l’Etat et la sécurité du pays et des citoyens. Il est vrai que les politiques du régime précédent sont en partie responsables de cette situation à cause de la suppression du dialogue dans la société. Voire même la fermeture de toutes les portes aptes à mener à la pratique politique par toutes les parties et les forces en présence. Même les citoyens ont été privés d’exercer leurs droits politiques, économiques et sociaux. On peut donc dire que l’ancien régime a annoncé la mort de la politique dans la société, sous prétexte qu’il n’existe pas de l’autre côté de parties capables de dialogue ou de proposer des alternatives. Ceci a créé un état de despotisme par lequel l’ancien régime a réussi à instaurer l’hégémonie sur toutes les articulations vitales du pays, en éloignant tout autre parti.

L’ancien régime avait alors cru que cette situation persisterait pour toujours, oubliant que s’il est vrai que le gel de la politique a aidé à renforcer l’hégémonie de l’ancien régime, il est également vrai que ce despotisme a donné naissance à un refus social, alors que tous les horizons se sont retrouvés clos aux citoyens et aux jeunes de ce pays. Et c’est effectivement ce qui s’est passé lors du 25 janvier, quand les forces politiques se sont réunies pour annoncer leur refus du despotisme et de l’hégémonie sous toutes ses formes.

Bref, l’instant actuel que vit l’Egypte impose à tous d’être au niveau de l’événement et d’assimiler combien cette situation critique nécessite de soutenir les efforts sur une base de bonnes intentions et de travail acharné.

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