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Janvier 2011 et janvier 2013

Lundi, 28 janvier 2013

Comme si nous étions en janvier 2011. Tel est le sentiment qui s’est emparé de moi au milieu de la place Tahrir, dans la journée du vendredi 25 janvier 2013. Les mêmes visages étaient réunis, ceux de toutes les couches sociales, jeunes et vieux, hommes et femmes. Tous scandaient les mêmes slogans, la colère et la persistance se dessinent sur leurs visages. J’ai vu les photos de Nasser partout dans les rues. Mais cette année, il y avait ceux des martyrs côte à côte avec Nasser. Ce qui était pertinent était ce drapeau blanc sur lequel on pouvait voir la photo du jeune journaliste Al-Husseini Abou- Deif. Deux ans après les tentatives des Frères et de leurs alliés salafistes et djihadistes de marginaliser la femme, la place Tahrir a voulu lui restituer son statut. On a vu alors sur Tahrir des photos de femmes, comme Hoda Chaarawi, Douriya Chafiq, Oum Kalsoum ou Soad Hosni. S

ous l’étendard de l’Union des écrivains d’Egypte, posté près de la rue Mohamad Mahmoud, de nombreuses figures d’intelligentsia, d’écrivains et d’hommes de lettres scandaient des refrains prorévolutionnaires, insistant à la réalisation de leurs revendications. Un groupe de jeunes est passé et nous a dit : « Vos écrits nous ont initié à la révolution ». Soudain, nous avons tous eu une sensation d’étouffement et j’ai eu une crise aiguë de toux, car des gaz lacrymogènes arrivaient de la rue Mohamad Mahmoud. Sur la place Tahrir, on retrouvait un peu de tout : depuis les petites bouteilles d’eau, les masques de prévention contre les gaz et la poussière, les drapeaux et les slogans ainsi que de la nourriture.

J’ai acheté un petit masque, mais il ne m’a pas mis à l’abri de ces gaz maudits et la toux ne s’est pas arrêtée. Je me suis alors déplacé de l’autre côté de la place et j’ai croisé la marche venant du quartier de Choubra avec, à l’avant-garde, Khaled Ali. Sur l’entrée du pont Qasr Al-Nil, j’ai pu aussi voir la marche en provenance de la place Moustapha Mahmoud, avec à l’avant-garde, Sabbahi et ElBaradeï. Au milieu de la place Tahrir, se tenait un vieil homme portant une djellaba usée. Il tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « La révolution des affamés viendra prochainement ». Il brandissait un autre slogan disant : « Non, à l’Etat des Frères ! ». Les cris résonnaient de partout scandant : « Ô Morsi, réveille-toi, aujourd’hui est ton dernier jour », « Je ne suis pas un mécréant et je ne suis pas athée, à bas la gouvernance du guide ! », « Ô Frères idiots, la révolution continue ! ». Mais les slogans qui revenaient tout le temps, et qui secouaient les quatre coins de Tahrir, étaient les mêmes que ceux de la révolution de janvier 2011 : « Le peuple veut renverser le régime ! » .

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