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La gestion de l'Etat et non de la confrérie

Lundi, 28 janvier 2013

La gestion est un phénomène social découvert par l’homme. En effet, la construction des Pyramides de Guiza ne fut pas seulement un miracle architectural, mais aussi un miracle de gestion. La gestion se trouve dans ses formes les plus simples dans les foyers et dans d’autres plus compliquées dans les sociétés, les institutions ou les gouvernements. La gestion est également utilisée dans le trafic de drogue, d’armes ou de capitaux, abstraction faite de la légitimité de l’objectif. La gestion se trouve spontanément dans notre vie dès que des individus oeuvrent à réaliser un objectif.

Cela avant même de découvrir qu’elle a des fondements et qu’il existe un lien solide enter la réalisation de l’objectif et le niveau d’organisation, ainsi que le comportement des individus chargés de réaliser cet objectif. Les fondements de la gestion ne changent pas selon les domaines ou les objectifs. Seuls changent les mécanismes d’application de ces fondements afin de relier l’objectif aux procédés. Avec le développement de la science de la gestion sont apparus plusieurs genres de gestion. La gestion publique c’est-à-dire la gestion des appareils de l’Etat dont l’objectif est de mettre à exécution la politique publique, la gestion des affaires dont l’objectif est de réaliser des gains, la gestion privée qui oeuvre à présenter des services ou à sensibiliser la population envers une certaine cause. Est également apparue la gestion internationale, soit la gestion des institutions internationales, dont le nombre s’accroît dernièrement et qui ont des caractéristiques spéciales.

Dans ce contexte, le lien entre les mécanismes et les objectifs est devenu indispensable pour les fondements de la gestion qui sont le cadre juridique et organisationnel, les ressources humaines, le financement, la planification, la prise de décision, les communications, les évaluations, les suivis, etc. Ceci signifie que les procédés de gestion appropriés à un domaine ne sont pas forcement appropriés à un autre. La gestion d’une usine ou d’un projet commercial est donc radicalement différente de la gestion d’un syndicat professionnel ou d’une institution internationale. Chacun possède ses politiques, ses objectifs et ses défis. Réussir à gérer une organisation civile, politique, caritative, syndicale, religieuse ou partisane ne signifie par forcément réussir à gérer un Etat.

Réussir à gérer une campagne électorale et parvenir à des sièges ne signifie pas forcément réussir à réaliser les objectifs de cet organisme. De nombreuses considérations influent les diverses élections. Ces considérations n’ont aucun lien avec la gestion sage ou l’organisation scientifique. Les élections sont influencées par les liens de parenté et d’appartenance, par les ambitions personnelles, les revenus financiers et économiques. Ce sont là des caractéristiques humaines et non pas des fondements administratifs ou des capacités d’organisation. L’organisation basée sur l’obéissance et non la participation et le choix peut s’approprier aux élections et non pas à la gestion sage. De nombreux partis et directions qui ont réussi à mobiliser l’opinion publique et obtenir une majorité aux élections n’ont réalisé aucun succès dans la gestion de l’Etat. En effet, l’objectif des partis est d’accéder au pouvoir alors que l’objectif de l’Etat est d’exercer une gouvernance sage qui réalise l’intérêt public déterminé par tout le peuple, abstraction faite de ses orientations, ses niveaux ou ses classes y compris les opposants.

La gestion de l’Etat se base sur la critique, l’opposition, la transition du pouvoir, la transparence, la participation sociale, la démocratie ancrée, les décisions sages, la protection des droits de l’homme sans aucune discrimination, la souveraineté de la loi et non pas par la charte de la confrérie. La réalisation de l’intérêt du peuple et non pas de la confrérie nécessite une vision vers l’avant, la construction et non pas la vengeance et la punition, le renforcement des institutions de l’Etat et non le démantèlement et l’éparpillement de ses forces ou l’atteinte à leur dignité. C’est ainsi que ces institutions pourront contribuer au développement de la société, à la préservation de sa dignité, à l’élévation du niveau de vie du citoyen, à la garantie des services de justice, d’enseignement, de logement, de santé, de sécurité et de revenu décent. La responsabilité est énorme. Pour assumer ces responsabilités et réaliser ces objectifs, il existe des fondements et des principes juridiques, sociaux et éthiques que nous devons tous connaître, comme le respect des programmes électoraux.

Par ailleurs, il faut parfaitement comprendre que les objectifs ont changé, que les défis se sont accrus et compliqués et que le peuple observe tout cela réalisant parfaitement tout ce qui se passe autour de lui. Lorsque l’opposition accède au pouvoir, son objectif est de servir toute la nation. Les procédés machiavéliques qui gèrent le conflit partisan sont refusés dans la gestion de l’Etat. En effet, la gestion de l’Etat nécessite la franchise, la transparence, la consultation, le respect des droits des adversaires et le dépassement des différends du passé pour aller de l’avant. Il est également nécessaire de surmonter la volonté de destruction et de s’élever vers de nouveaux horizons. Réussir à gérer l’Etat n’est possible que si nous faisons prévaloir l’appartenance au pays sur l’appartenance à tous partis ou confrérie. Cependant, de nombreuses erreurs peuvent entraver la réalisation de ces objectifs comme la marginalisation des institutions de l’Etat pour l’intérêt d’institutions parallèles. Il est également fort dangereux d’ignorer la réalité que la sécurité, la stabilité, la justice, la santé et la défense ne peuvent être accomplies que par les institutions de l’Etat et non pas d’autres institutions.

Celles-ci peuvent être des institutions révolutionnaires valeureuses, mais leur rôle s’est achevé avec l’arrivée au pouvoir de leurs directions. Dans la gestion de l’Etat, il n’y a de place ni pour le travail clandestin, ni pour les contacts secrets, ni pour la formation d’un gouvernement de l’ombre qui est un mécanisme de l’opposition et non d’un président élu. Les régimes qui ont commis ces erreurs sont tombés et les exemples sont nombreux. Ne pas développer les procédés et les mécanismes tout en respectant les principes et les fondements lors du changement d’objectifs ne peut mener qu’à l’échec. Nous mettons en garde contre ces séquelles, convaincus que tous les Egyptiens ne veulent que l’intérêt du pays. Nous souhaitons le succès à tous les responsables. Un fait qui implique la nécessité de renoncer à la gestion de l’Etat selon les procédés de la gestion de la confrérie.

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