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La femme et la commémoration de la révolution

Lundi, 28 janvier 2013

Un proverbe égyptien dit : « Ton ami accepte toutes tes erreurs et ton ennemi s’en réjouit ». Ce proverbe ne s’applique pas à la vision que j’exposerai dans cet article autour de la loi électorale et de l’exercice des droits politiques dernièrement approuvés par le Conseil consultatif (Chambre haute du Parlement). Cependant, ce proverbe confirme les mauvaises intentions dans l’interprétation de toute procédure adoptée par le Conseil consultatif où le Parti Liberté et Justice (PLJ, islamiste) est représenté avec un taux de 44 %, alors qu’il était de 57 % avant les élections. Ces mauvaises intentions sont aujourd’hui à l’origine de toutes les frictions. C’est ainsi que l’opposition a déclaré que le dialogue entamé pour présenter des propositions d’amendement, qui ont été sujet de consensus, n’avait pas été respecté par le PLJ.

Bien qu’il soit certain que l’opposition, présente au Conseil consultatif, n’est pas la même qui a assisté au dialogue national, la liste de réserve a été annulée sous prétexte que les petits partis ne pouvaient pas remplir la liste principale. Alors comment donc former celle de réserve ? De même, bien que la question ne soit pas difficile pour le PLJ et le parti Al-Nour (salafiste), l’avis de l’opposition au Conseil a été pris en considération contrairement à ce qui était réclamé au cours du dialogue national. En effet, la femme a été placée dans la première moitié de la liste, alors que le parti Al-Nour, ainsi que d’autres ne peuvent ni ne veulent appliquer cette discrimination positive de la femme sous prétexte que la « gradation » est préférable. C’est ainsi que la majorité a décidé que la femme serait placée sur la liste sans lui donner de position déterminée. Dans ce contexte je souhaiterais qu’apparaisse la véritable essence des partis civils d’opposition avec toutes leurs orientations et références, afin de prouver leur conviction selon laquelle la femme doit être représentée d’une manière reflétant sa présence dans la société. Je souhaiterais donc que leurs listes électorales (des partis civils d’opposition) comprennent une majorité de femmes dans certaines circonscriptions et plus d’une dans les autres listes, afin de combler le manque sur les listes des partis civils de référence islamique. Le feront-ils vraiment ?

Puis est apparue la seconde colère de l’opposition qui a insisté sur le principe de ne pas écarter un député changeant d’appartenance politique. La réponse à cette colère n’est pas loin de la logique et de la raison, surtout quand certains ont fait état de la ressemblance entre le PLJ et le PND déchu de Moubarak. Tout le monde sait que les membres du PND ont été privés du dépôt de leur candidature pour des considérations de corruption ; ils s’étaient alors présentés en indépendants et quand ils ont remporté les élections, ils sont revenus à leur formation d’origine. Quand aux partis s’étant formés après la révolution et qui déploient d’importants efforts pour compléter leurs listes sans membres qui ne leur appartiennent pas, ils craignent ces députés, en transit, en raison de leurs appartenances réelles. Là apparaissent les différends avec les partis qui les ont placés sur leurs listes et apparaît également la volonté de changer de partis. Mais il est évident que le PLJ ainsi que les autres partis de référence islamique ne sont pas parmi eux.

Ainsi, dire que des personnes se dirigeront vers le PLJ comme elles le faisaient avec le PND est un mensonge, car la différence est énorme.

Cette confusion dans laquelle ils sont tombés constitue la raison essentielle du refus des partis qui, pour la plupart, n’ont pas participé au dialogue. Bref, les opposants sont appelés à mettre la femme sur leur liste, afin de compenser le manque de candidates chez les islamistes. Ensuite, ils sont appelés à bien choisir leurs candidats et à être sûrs de leurs appartenances. Sinon, ils n’ont qu’à se blâmer eux-mêmes si le contrat avec ces candidats prend fin dès qu’ils obtiendront les sièges.

En guise de conclusion, il est évident que l’amplification des crises, ajoutée à l’incapacité du gouvernement à mettre fin au désordre et à contrôler les baltaguis (hommes de main), principal outil de propagation de la violence dans le pays, ainsi que l’impuissance du gouvernement à contrôler les services et le commerce des denrées alimentaires, est responsable du climat de peur quant au second anniversaire de la révolution du 25 janvier. Surtout en présence d’un gouvernement qui ne réussit pas à adopter les bonnes décisions au bon moment et une opposition qui excelle à amplifier les crises dans les médias .

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