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Edito: Le deuxème anniversaire de la révolution

Lundi, 21 janvier 2013

Alors que l’Egypte entame sa troisième année après le soulèvement populaire qui a renversé le régime de Hosni Moubarak, bien des questions se posent sur le chemin qu’empruntera le pays. Sera-t-il celui des objectifs de la révolution du 25 janvier, traduits dans son célèbre slogan « pain, liberté et justice sociale » ?

« Pain » signifiait avant tout la lutte contre la pauvreté qui frappe la majeure partie de la population, dont 40 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour. Une grande partie de la population, notamment ceux sans affiliation politique particulière qui avaient rejoint la révolte populaire dans l’espoir de meilleures conditions de vie, a toujours associé cette pauvreté à la corruption répandue au sein de l’élite gouvernante. D’où la troisième composante du slogan : la « justice sociale », qui continue de galvaniser les foules. Enfin, la « liberté » reste un concept très large qui exprimait la volonté populaire de pouvoir jouir des « libertés fondamentales » d’expression, d’association ... Bref, la « démocratie », dont les Egyptiens étaient privés depuis au moins 1952.

A quel point l’Egypte s’est-elle rapprochée de ces objectifs ? Sur les libertés, le pays a certes connu des progrès, malgré les imperfections et les obstacles, nombreux. Les Egyptiens ont pu ainsi choisir librement leur président et leur Parlement. Mais des points d’interrogation persistent sur la liberté d’expression et d’autres libertés fondamentales. En outre, la scène politique reste déchirée par des questions fondamentales liées à l’identité même de l’Egypte, qui se trouve tiraillée entre la mouvance islamiste et le courant libéral. L’un exclut l’autre sans qu’il y ait de possibilité de compromis.

Sur le front économique, l’Egypte traverse une très mauvaise passe qui l’a éloignée des objectifs de la lutte contre la pauvreté. Une situation dangereuse qui a fait dire à plusieurs observateurs que l’Egypte risque des émeutes de la faim, si la situation ne se redresse pas rapidement.

Beaucoup de ceux qui avaient participé au soulèvement populaire pensaient que la chute du régime de Moubarak serait suffisante pour que l’Egypte retrouve le chemin de la démocratie et d’un développement économique plus égalitaire. Mais ils ont vite déchanté. Le chemin de l’Egypte vers un développement plus équilibré, vers la liberté et la démocratie sera sans doute long et semé d’embûches.

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