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Edito: Dollar et stabilité politique

Mardi, 15 janvier 2013

Depuis quelques semaines, l’Egypte est en proie à une crise financière, marquée notamment par une hausse du dollar face à la L.E. En l’espace de deux semaines, la L.E. a perdu 5 % de sa valeur face au billet vert. L’instabilité politique qui a accompagné la période de transition après le soulèvement du 25 janvier a coûté à l’Egypte 60 % de ses réserves monétaires en devises. Celles-ci sont passées de 36 milliards de dollars avant la révolution à 15 milliards actuellement. Une somme qui, pour l’Egypte, suffit à peine à couvrir 3 mois d’importations.

La Banque Centrale d’Egypte n’est donc plus en mesure d’injecter des dollars sur le marché des changes pour défendre la livre. Résultat : une envolée du billet vert et une hausse générale des prix. La hausse du dollar va-t-elle se poursuivre ? Et jusqu’à quand ? Tout dépend de la capacité du gouvernement à rétablir la confiance dans l’économie égyptienne. Depuis le début de la crise, le gouvernement agit dans 2 directions.

La première est d’achever les procédures d’un prêt de 4,8 milliards de dollars avec le FMI. Ce dernier avait donné son accord de principe en novembre dernier pour l’octroi de ce prêt. L’Egypte a repris contact cette semaine avec le FMI en vue d’achever les procédures. Le gouvernement semble toutefois soumis à des pressions pour reporter la conclusion de l’accord après les élections législatives d’avril, afin d’éviter une grogne sociale qui pourrait s’avérer coûteuse pour les Frères musulmans en termes de voix.

L’autre direction est de recourir à l’aide financière des pays du Golfe, notamment le Qatar. Doha a accepté de fournir à l’Egypte 2,5 milliards de dollars pour faire face à la crise.

Le problème est que l’une et l’autre solutions — le prêt du FMI et l’aide des pays du Golfe — ne sont que des solutions temporaires. Si le climat politique ne s’améliore pas en Egypte, ces aides ne serviront à rien.

Pour redonner confiance aux investisseurs, il faut rétablir la sécurité, améliorer la situation des droits de l’homme et donner une image positive de l’Egypte. Là est le vrai test pour le gouvernement. Bien négociée, la baisse de la L.E. aurait pu être un avantage pour l’économie égyptienne, en relançant les exportations et les investissements. Mais en l’absence de stabilité, c’est peine perdue.

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