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Washington, Moscou et le conflit syrien

Dimanche, 01 novembre 2015

Les Etats-Unis ont annoncé cette semaine l’envoi, à partir du mois prochain, de troupes des forces spéciales dans le nord de la Syrie, afin de conseiller les forces d’opposition qui luttent contre le groupe Etat Islamique (EI). Ce déploiement, bien que modeste (50 militaires) représente un revirement dans la politique du président Barack Obama, depuis la décision de Washington, en septembre 2014 de prendre la tête d’une coalition internationale pour bombarder l’EI. Le président américain s’était à plusieurs reprises opposé à l’envoi de troupes au sol en Syrie pour « éviter de se laisser entraîner dans un nouveau conflit au Proche-Orient ». Selon la Maison Blanche, la mission des militaires américains consisterait à « former, conseiller et aider » les rebelles modérés. Il s’agit de s’assurer que des armes et d’autres équipements sont bien livrés aux forces modérées qui combattent l’EI en Syrie et qui sont soutenues par les Etats-Unis. Washington envisage également d’envoyer des forces spéciales supplémentaires en Iraq. En effet, un nouveau contingent des forces spéciales sera envoyé à Erbil, dans le nord de l’Iraq, pour reprendre la ville de Ramadi prise par l’EI en mai dernier. La Maison Blanche a parallèlement autorisé le déploiement d’avions A-10 et F-15 sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie.

La décision américaine intervient au moment où se tenait à Vienne une réunion sur la crise syrienne à laquelle ont participé les ministres des Affaires étrangères des principaux acteurs diplomatiques de la crise syrienne : les Etats-Unis, la Russie, la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Iran. Ont également pris part aux pourparlers des représentants chinois, libanais et égyptiens, de même que les ministres français, britannique et allemand des Affaires étrangères.

Bien que les participants aient été d’accord sur certaines questions comme la nécessité de préserver l’intégrité de l’Etat syrien, le rôle des Nations-Unies et la tenue de futures élections générales, les divergences ont persisté sur l’avenir du président syrien, Bachar Al-Assad. Contrairement à Washington et à Riyad, Moscou et Téhéran considèrent que Bachar doit jouer un rôle dans le futur processus de transition.

Avec sa décision d’envoyer des troupes en Syrie, Washington tente de reprendre l’initiative face à Moscou sur le conflit syrien. La récente intervention aérienne russe en Syrie, déclenchée le 30 septembre, a été perçue comme une victoire personnelle pour le président russe, Vladimir Poutine, face à son homologue américain. Moscou peut en effet se targuer d’avoir freiné la progression des djihadistes en Syrie, ce que Washington et ses alliés n’ont pu faire en un an de frappes aériennes.

Washington espère ainsi rattraper son retard face à la Russie et consolider sa position dans les négociations de Vienne. Les Etats-Unis voient d’un mauvais oeil l’intervention russe en Syrie qui vise à faire pression sur les rebelles pour les obliger à négocier avec le régime de Bachar, et n’ont jamais caché leurs critiques à l’égard de Moscou qu’ils accusent d’opportunisme l

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