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Edito: Un plan mort-né

Lundi, 31 décembre 2012

L’émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, poursuit ses efforts en vue d’un règlement de la crise syrienne. Le diplomate algérien a annoncé dimanche avoir un plan susceptible d’être accepté par la communauté internationale, afin de mettre fin au conflit en Syrie, où l’armée gouvernementale intensifie ses opérations pour chasser les rebelles de leurs derniers bastions à Homs. Brahimi a affirmé avoir parlé de ce plan avec la Russie et la Syrie, où il s’est rendu durant la semaine, ajoutant, à l’issue d’une rencontre au Caire avec le chef de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, que « cette proposition peut être adoptée par la communauté internationale ». Le plan en question est basé sur la déclaration de Genève prévoyant un cessez-le-feu, la formation d’un gouvernement avec des prérogatives entières et des élections présidentielles ou parlementaires. Cependant, le plan n’évoque pas l’éventuel départ du président Bachar Al-Assad, condition sine qua non posée par l’opposition pour tout « dialogue national ». Le plan de Lakhdar Brahimi a-t-il des chances de réussir ? A priori non. Depuis quelques semaines déjà, la mission de Brahimi semblait condamnée. Pourquoi ? Parce que l’opposition syrienne ne semble plus disposée à accepter un compromis politique. Celle-ci est en train de prendre l’ascendant sur le régime de Damas, tant sur le plan militaire que politique. Sur le terrain, les rebelles, armés par certains pays du Golfe, ont déjà réalisé d’énormes progrès. Et il semble peu probable que le régime de Bachar Al-Assad soit en mesure de « tenir » longtemps encore. Sur le plan politique, l’opposition bénéficie déjà de l’appui des pays du Golfe, des Européens et des Etats-Unis. Quant à Bachar Al-Assad, il est de plus en plus isolé. Même un pays comme la Russie, qui a soutenu sans relâche le régime syrien, semble aujourd’hui lâcher du lest. Moscou qui a bloqué, avec Pékin, plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant le régime de Damas, s’est récemment distancié de son grand allié, envisageant désormais une Syrie sans Assad.

Tous ces facteurs ont fait que l’opposition se sent désormais en position de force et n’acceptera jamais le plan proposé par M. Brahimi. Car pour elle, la victoire viendra inexorablement. Il s’agit seulement d’une question de temps.

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