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Des élections reportées

Lundi, 08 juin 2015

Les élections législatives ne sont pas les seules à être sus­pendues. Celles-ci étaient prévues 3 ou 4 mois après la présidentielle. Puis, il a été dit qu’elles seraient organisées fin 2014, et voilà que nous sommes au milieu de 2015 et il est encore une fois dit qu’elles seront tenues à la fin de l’année en cours.
L’amendement de quelques articles de la loi ne mérite pas tout ce temps, alors que la Haute Cour constitutionnelle avait promulgué la caducité de ces articles il y a environ 3 mois. Pourquoi donc attendre si longtemps ? Il n’y a pas de réponse claire et nette à cette question, mais quelques indices prouvent qu’il existe une négli­gence générale sur la question des élections, à tous les niveaux, et non pas uniquement celui des élections parlementaires.
Le report continu des élections parlementaires signifie naturelle­ment le report des élections munici­pales qui constituent la base de la pyramide de la pra­tique démocratique. Ce qui signifie que le principe cité pour la première fois dans la Constitution et selon lequel un quart des sièges des conseils municipaux sera consacré aux jeunes et un autre quart à la femme ne sera pas mis en application.
De plus, les élections ouvrières ont été officiellement reportées d’un an. Et ceux qui profitent de cette décision prétendent que les circonstances actuelles ne sont pas favorables à la tenue d’élections ouvrières. Ce prétexte est devenu commun à chaque fois qu’il est question d’élections, et il est diffi­cile de le justifier loin du cadre de la négligence des élections sur tous les plans.
Et quand la date des élections des unions estudiantines est passée ou a plutôt été dépassée, on a également entendu dire que la situation à l’in­térieur des universités n’était pas favorable à la tenue d’élections.
C’est ainsi que depuis la prési­dentielle organisée en mai 2014, l’Egypte n’a tenu aucune de ses promesses portant sur les élections qui nécessitent des décisions administra­tives. Seules les élec­tions syndicales et celles des clubs spor­tifs sont tenues, car elles ne nécessitent pas de préparatifs de la part des autorités.
Les études compa­rées spécialisées en régimes politiques nous apprennent que la négligence des élections de la part du régime est étroitement liée à un regard négatif accordé à la poli­tique et aussi à la négligence du rôle important des institutions de l’Etat. Ce qui aboutit au fait que la popula­tion est considérée comme étant un seul bloc infirme.
De plus, ces études nous appren­nent que le régime, qui néglige les élections et les institutions, devient au final le premier perdant de la situation engendrée
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