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Les irrégularités du scrutin

Lundi, 24 décembre 2012

Le rapport diffusé par la salle des opérations relevant du Front du Salut National (FSN) est très dangereux. Ce dernier avait pour mission la supervision du processus électoral pendant la première phase des élections qui s’est déroulée le samedi 15 décembre 2012. Si la moitié de ces irrégularités évoquées par ce rapport avait eu lieu quelque part dans le monde, le référendum aurait été invalidé immédiatement. Le gouvernement en exercice aurait été démis et les responsables en charge auraient été déférés devant la justice. Mais cela ne se passe pas en Egypte, car nous vivons sous l’ombrelle de l’Etat des Frères musulmans qui n’accordent aucun intérêt à l’Etat de droit.

La salle des opérations du FSN a recensé, à titre d’exemple, une présence récurrente des membres de la confrérie avec en tête ceux du Parti Liberté et justice, son aile politique, à l’intérieur des bureaux de vote, sans aucun droit. Pire, ils ont influencé les électeurs en les amenant à voter en faveur de la Constitution. 162 cas similaires ont été recensés dans les différents gouvernorats. Alors que des observateurs ont relevé que dans 156 bureaux, les urnes étaient bourrées. Dans d’autres bureaux, les bulletins sont remplis d’avance. On a aussi constaté l’agression de certains électeurs par les juges qui les ont empêchés de voter.

Ces irrégularités dévoilées ont fait l’objet de plaintes déposées auprès des commissariats, avec les noms des personnes accusées de ces faits. Le Front a recensé aussi sur la liste des électeurs des noms de personnes décédées. Comme il a dévoilé l’absence de noms d’électeurs inscrits sur le site électronique du bureau de vote. Dans certains bureaux, on ne trouvait pas d’encre phosphorique. Les journalistes ont été parfois interdits d’accès et d’autres bureaux ont fermé leurs portes avant la fin du vote prolongé de cinq heures. Voire, certains ont clôturé le scrutin à 17h, deux heures avant l’heure initiale.

Le nombre des irrégularités enregistrées par le FNS a été de 750 dans tous les gouvernorats concernés comme Le Caire, Alexandrie, Charqiya, Gharbiya, Daqahliya, Assiout, Sohag, Assouan, le Nord-Sinaï et le Sud-Sinaï. Le Caire est venu en tête de la liste, avec 374 infractions. Ensuite Alexandrie, avec 105 infractions, 75 à Charqiya, 67 à Gharbiya, 55 à Daqahliya, 23 à Assiout, 19 à Sohag, 17 à Assouan, 11 au Nord-Sinaï et enfin 3 au Sud-Sinaï.

Ces irrégularités se sont poursuivies lors de la deuxième phase du référendum, à cause du désir acharné des Frères musulmans de faire passer la Constitution avec 70 % des voix.

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