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Gaza étouffe

Al-Ahram Hebdo, Mardi, 05 mai 2015

Le coordinateur spécial des Nations-Unies pour le processus de paix, Nickolay Mladenov, a effectué cette semaine sa première visite à Gaza, alors que le territoire est en proie à une profonde crise humanitaire et éco­nomique. « Aux Nations-Unies, avec nos partenaires de la communauté interna­tionale, nous avons pour res­ponsabilité de faire en sorte, non seulement que l’on reconstruise Gaza (...), mais qu’on lève le blocus qui bloque l’accès aux maté­riaux de construction, le mouvement des personnes et des biens », a déclaré M. Mladenov.

M. Mladenov a pris ses fonctions en février der­nier, alors que les perspec­tives de paix ont rarement paru plus sombres. Huit mois après la guerre meurtrière de juillet-août 2014 avec Israël, la com­munauté internationale s’inquiète d’une nouvelle confrontation entre Israéliens et Palestiniens. En effet, la tension est per­sistante dans les terri­toires palestiniens, et ce pour plusieurs raisons. La victoire de la droite israé­lienne aux législatives de mars a mis fin aux espoirs palestiniens de bâtir un Etat. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a en effet enterré l’idée d’un Etat palestinien indépendant pendant sa campagne élec­torale. Après l’échec d’une nouvelle initiative améri­caine en 2014, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a, lui, fait le choix de la confrontation diploma­tique et judiciaire avec Israël dans les grandes ins­titutions internationales.

L’autre facteur est que la reconstruction de Gaza est quasiment au point mort. Après la guerre de l’été dernier, la commu­nauté internationale avait promis d’allouer 3,5 millards de dollards pour la reconstruction de Gaza. Or, seul le quart de cette somme a été débloqué. Jusqu’à présent, seuls le Qatar et le Koweït ont commencé à verser les sommes nécessaires à reconstruire quelque 10 000 maisons palesti­niennes, détruites pendant la guerre contre Gaza. Or, si rien n’est fait pour relancer la reconstruction de Gaza, la probabilité d’une nouvelle confronta­tion entre le Hamas qui contrôle Gaza et Israël paraît plus grande, même si Israël et le mouvement palestinien n’ont visible­ment aucun intérêt à se lancer dans une nouvelle guerre .

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