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De graves conflits régionaux

Lundi, 06 avril 2015

La région arabe s’est dernièrement enga­gée dans une phase de conflits de faible intensité, c’est-à-dire sans affrontement direct entre armées. Ces conflits de faible intensité, dans lesquels tous les moyens sont utili­sés pour atteindre la victoire, dépassent de quelques degrés la guerre froide où les affrontements n’étaient pas armés, misant plutôt sur la répression, l’armement, les moyens politiques, économiques et culturels, et aussi la propagande. Les conflits de faible intensité portent toutefois en même temps les caractéristiques d’une guerre déclarée et d’une guerre froide. C’est-à-dire le recours à des armes sophistiquées en parallèle à des méthodes moins conventionnelles.

Aujourd’hui, les foyers de conflits se multiplient. Il y a l’Iraq, la Syrie, la Libye et le Yémen. Le conflit de pou­voir, la sédition confessionnelle et la présence de groupes extrémistes ont emmené la région dans un enfer aux effets prolongés. Or, il faut savoir que ces conflits ne sont pas tous l’expres­sion d’un complot extérieur. Ils ont plutôt des rai­sons intérieures étroitement liées à la faiblesse de l’Etat avec son incapacité à imposer la loi, le recul de capacités administratives, l’absence de stabilité politique, la corruption, la répression ...

Ces facteurs rendent l’Etat faible et incapable d’imposer son hégémonie sur son territoire. C’est alors que l’économie s’effondre et des éléments étrangers interviennent de façon directe ou à tra­vers des agents locaux pour gérer le conflit de l’intérieur du pays.

Les guerres traditionnelles sont l’expression de conflits entre Etats avec des objectifs précis, même si le plus souvent, ils sont cachés. Et la gestion des opérations militaires est basée sur la séparation entre le militaire et le politique. Tandis que les conflits de faible intensité sont essentiellement politiques dans lesquels, il y a un recours à l’arme militaire entre des groupes qui recherchent des intérêts politiques, idéologiques ou économiques, ou les trois ensemble. Les milices et la superficie géographique sur laquelle elles s’activent sont limitées. De plus, dans ces conflits, les hommes sont employés comme outils de tuerie, les combat­tants sont gérés par l’idéologique et la politique joue un rôle essentiel dans leurs actions.

La problématique réelle des Etats dans le monde arabe est que dans la plupart des cas, ils possèdent des armées équipées, mais incapables d’affronter ce genre de conflits sans armées officielles, avec plutôt des milices, terroristes et gangs vivant dans les populations créant des réseaux d’intérêts. Ces groupes ont alors recours à des tactiques qui n’at­teignent pas les affrontements, avec des assassi­nats, explosions, kidnapping ...

Ces méthodes rendent les meilleures armées du monde impuissantes, surtout que les groupes armés ont parfois recours à des moyens retors pour porter atteinte à leur honneur et les obliger à l’emploi intensif de moyens mili­taires. Et c’est ainsi que les groupes terroristes passent dans l’esprit de ceux qui ne comprennent pas la nature du conflit, de criminels à vic­times.

L’affrontement militaire dans ce genre de conflits peut être essentiel dans les cas de crimes organisés, comme le terrorisme, le trafic d’êtres humains ou quand des groupes s’ac­caparent une région pour y imposer leur hégémonie.

Mais la solution militaire ne suffit pas à régler les conflits liés à un différend politique intérieur entre des forces qui appartiennent à une même société. Là, il nous faut une gouvernance sage basée sur l’intégrité, la transparence et l’hégémo­nie de la loi et des principes de la citoyenneté, le pluralisme politique, le transfert pacifique du pou­voir et l’amélioration de la compétence des institu­tions de l’Etat. Et surtout le respect des droits de l’homme.

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