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Omneya Shaker : Alexandrie reste la capitale francophone de l’Egypte

Maha Al-Cherbini avec agences, Lundi, 16 mars 2015

A l'occasion de la Journée mondiale de la Francophonie, le 20 mars, Mme Omneya Shaker, responsable du bureau de l’Agence Universitaire de la Francophonie en Egypte (AUF) et directrice du département « Formations à distance » à l’Université Senghor, met l’accent sur le rôle de l’AUF, l’avenir de la francophonie en Egypte et sa contribution à promouvoir le rôle de la femme.

Omneya Shaker

Omneya Shaker

Al-Ahram Hebdo : Comment voyez-vous la nomination, il y a quelques mois, de Michaëlle Jean, première femme à occuper le poste de secrétaire générale de l’OIF ? Va-t-elle contribuer à la promotion du rôle de la femme dans les pays francophones ?

Omneya Shaker : La nomination d’une femme à la tête de l’OIF honore toutes les femmes du monde. Mme Michaëlle est une femme très active, son passé est riche et prometteur. Mais il est encore tôt pour prévoir exactement ce qu’elle présentera pour la francophonie. Mais, déjà, il est clair que la femme est au centre de ses intérêts. A l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, Mme Michaëlle a mis l’accent sur le rôle de la femme de par le monde. Je pense que Mme Michaëlle va promouvoir le rôle de la femme dans les pays francophones, surtout qu’une grande partie des francophones d’Egypte sont des femmes.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme qui coïncide avec le mois de la francophonie, pensez-vous que la francophonie puisse contribuer à l’émancipation de la femme égyptienne, arabe et africaine en général ?

— Bien sûr que oui. La francophonie n’est pas simplement une langue à parler, c’est plutôt des valeurs à transmettre aux jeunes et surtout aux femmes qui constituent la plus grande tranche des francophones d’Egypte. La francophonie incarne des valeurs comme la solidarité, la diversité culturelle et la démocratie. Pour les femmes francophones en particulier, la francophonie a contribué à leur émancipation. La francophonie représente pour elles une lueur d’espoir, une bouée de sauvetage, un moyen d’expression, une tentative de s’affirmer et une fenêtre sur l’extérieur. Si dans certains pays arabes, la francophonie était un choix politique comme en Afrique du Nord, cela n’était pas le cas en Egypte où il s’agit d’un choix culturel.

D’après vous, la francophonie en Egypte progresse-t-elle ou est-elle menacée ?

— Bien sûr la francophonie connaît une forte progression ces dernières années. Durant cette dernière décennie, beaucoup de filières francophones ont ouvert dans les universités égyptiennes. Outre l’Université Française d’Egypte (UFE) qui compte plusieurs facultés, des filières francophones ont ouvert à l’Université du Caire (économie et sciences politiques, droit), à l’Université de Aïn-Chams (droit et commerce) et à l’Université d’Alexandrie (droit, commerce, médecine, Agroalimentaire et langues appliquées). L’ouverture de ces filières prouve que le marché du travail en Egypte a besoin de plus de spécialisations francophones. De grandes sociétés égyptiennes sont à la recherche de francophones dans tous les domaines. Je suis confiante que la francophonie ne mourra ni en Egypte, ni ailleurs, avec toutes les valeurs qu’elle véhicule. Le français est dans nos coeurs à l’égal de notre langue maternelle.

— Quelle est la mission de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) de par le monde et surtout en Egypte ?

— L’AUF est l'une des plus importantes associations d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche de par le monde. On peut dire qu’elle est l’opérateur de la francophonie pour l’enseignement supérieur et la recherche. Fondée à Montréal en 1961, l’AUF est une institution multilatérale qui soutient la coopération et la solidarité entre les institutions universitaires travaillant en français, avec les pays francophones. Notre agence regroupe près de 800 établissements universitaires sur les 5 continents dans une centaine de pays. Elle dispose de plusieurs bureaux régionaux. Le bureau régional du Moyen-Orient se trouve au Liban. Le bureau de l’Egypte est à Alexandrie, à l’Université Senghor. L’AUF contribue aussi au financement des projets de recherche universitaire et à l’octroi des bourses de maîtrise et de doctorat aux jeunes étudiants.

Quelles sont les universités égyptiennes membres de l’AUF ?

— Il y a l’Université de Aïn-Chams, l’Université d’Alexandrie, l’Université de Hélouan, celle de Damanhour, de Mansoura, du Caire, et aussi l’Université Française d’Egypte (UFE). D’autres demandes d’adhésion à l’AUF sont en cours.

Et quelles sont vos ressources financières ?

— Les ressources financières de l’AUF proviennent, en grande partie, de contributions gouvernementales versées par la France, le Canada, le Canada-Québec, la Roumanie, la communauté française de Belgique, la Suisse, le Canada-Nouveau-Brunswick, le Canada-Ontario, le Cameroun et le Liban. Mais l’AUF tente de diversifier ses ressources de financement, en développant des partenariats avec des organisations internationales et des entreprises du secteur privé qui ont un intérêt pour la coopération universitaire.

— Quels sont les autres opérateurs de la francophonie en Egypte ?

— L’Université Senghor est le deuxième opérateur de la francophonie en Egypte. Elle se trouve aussi à Alexandrie.

D’après vous, pourquoi les deux opérateurs de la francophonie en Egypte, l’AUF et l’Université Senghor, se trouvent-ils à Alexandrie ?

— La francophonie tient une place importante en Egypte en général, mais elle jouit d’un statut exceptionnel à Alexandrie, dite capitale francophone de l’Egypte. Le rôle historique qu’a joué Alexandrie à véhiculer la civilisation vers le continent européen est indéniable. Bien plus, Alexandrie comporte un nombre important de francophones et francophiles. L’Université d’Alexandrie, à titre d’exemple, compte maintenant un très grand nombre de filières francophones : droit, commerce, médecine, agroalimentaire, langues appliquées, outre la faculté de pédagogie française. Sans oublier le grand nombre de lycées francophones à Alexandrie.

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