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Avertissement aux investisseurs dans la mer Rouge

Mardi, 10 juin 2014

L’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), en tant que ministère d’Etat pour l’Environnement, vient de publier la semaine dernière un rapport sur
les richesses insulaires dans les eaux régionales égyptiennes de la mer Rouge. Et ce dans le contexte de la célébration de la Journée internationale de la diversité biologique, fêtée le 22 mai. Cette journée a mis l’accent cette année sur « la diversité biologique insulaire ».
L’Egypte est dotée de 44 îles environ dans ses eaux régionales de la mer Rouge. Selon ce rapport, « les zones de la mer Rouge qui renferment les richesses insulaires
sont la réserve naturelle du Djebel Elba, déclarée ainsi par le décret ministériel 450/86. Elle est de 35 600 km carrés, dont 2 000 km dans les eaux régionales. Cette réserve renferme 22 îles comme Zabargad, Giftoun et Magawiche. Il y a aussi la réserve naturelle des Iles nordistes qui renferment également 22 îles comme Gobal et Al-Gisom.
Cette réserve est d’une superficie de 1 800 kilomètres carrés dont 1 500 km dans les eaux régionales égyptiennes ». Avec 260 espèces des récifs coralliens au niveau de la mer Rouge, 2 types de mangroves, 9 types d’herbes marines, 13 espèces de mammifères marins, 5 de tortues marines dans 28 endroits, ces zones insulaires possèdent une importance sur le plan de la sécurité nationale du pays, du secteur de l’économie, du tourisme et de l’environnement. D’après le rapport, les lignes maritimes internationales passent par ces îles, outre les sites d’exploitations pétrolières, notamment dans les îles nordistes. 200 sites de plongée sur les rives de la mer Rouge, soit 90 % des activités de plongée, sont situés autour de ces îles. En outre, ces îles représentent des habitats pour les poissons, les crustacés et se trouvent sur le passage des oiseaux migrateurs.
C’est pour cette valeur inestimable que les spécialistes de l’environnement et des ressources marines mettent en garde les responsables contre toute tentative des investisseurs sur ces îles. « Je me rappelle qu’en 2001, un investisseur italien voulait acheter une île à des fins touristiques. A l’époque, le gouverneur, en coopération avec les ONG concernées, a mené une campagne contre le projet. Je dois préciser qu’il est interdit d’accoster sur ces îles. C’est la partie aquatique qui est exploitée dans les activités touristiques. Il n’y aucun hôtel sur ces îles. Les forces armées qui gèrent ces îles, vu leur situation sur les frontières de l’est, autorisent uniquement l’accès à l’île Giftoun le jour », explique Mahmoud Hanafy, professeur de biologie marine à l’Université du Canal de Suez. Et d’assurer : « Le cas de Giftoun doit être l’exemple à suivre si on parle de développement touristique. La construction des hôtels ou des villages touristiques, même écologiques, va détruire ces îles. Ces dernières sont des réserves naturelles et sont considérées comme un bien public ». Il s’agit d’un avertissement à tout investisseur pensant exploiter ces richesses insulaires à des fins éco-touristiques. Surtout que les récifs coralliens autour de ces îles protègent les rives de la mer Rouge contre l’érosion.
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