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Dr Wael Khairy : La plupart des projets sont nés des besoins des pays riverains eux-mêmes

Dalia Abdel-Salam, Lundi, 09 décembre 2013

Pour affermir ses liens avec les pays du bassin du Nil, l’Egypte investit dans divers projets bilatéraux. Le Dr Wael Khairy, président de la Gestion centrale de la coopération bilatérale et ex-directeur de l’Initiative du bassin du Nil, fait le point sur ces travaux.

Bassin du Nil

Al-ahram hebdo : En matière d’environnement, l’Egypte fournit d’importants efforts pour la consolidation de ses relations avec les pays du bassin du Nil. En quoi cela consiste-t-il ?

Dr Wael Khairy : L’Egypte n’est ni pays riche, ni pays donateur, mais malgré cela, elle tient à financer des projets dans les pays africains, surtout ceux riverains. Les domaines de coopération avec les Africains sont multiples : il existe des projets sur les ressources hydrauliques, l’irrigation, la santé, l’éducation, l’électricité, la communication, et même le tourisme. Le domaine de l’eau vient en tête de liste vu l’importance du Nil pour la vie des Egyptiens. Les projets que l’Egypte finance et applique dans les pays du bassin du Nil lui permettent d’être présente sur le terrain, afin de moderniser les bases de données hydrauliques. Le volume de la coopération bilatérale dans le domaine de l’eau s’élève à 61 millions de dollars depuis 1999.

— Quels types de projets bilatéraux sont-ils financés par l’Egypte dans les pays du bassin du Nil ?

— D’abord, il faut préciser que la plupart des projets sont nés des besoins des pays riverains eux-mêmes. Par exemple, la plupart des pays ne disposent pas d’eau potable saine. Des pays comme le Kenya, la Tanzanie, le Soudan et le Sud-Soudan souffrent du fait que l’eau potable contient des métaux lourds comme le plomb. Pour fournir de l’eau potable saine, l’Egypte a creusé des puits, fait des forages, installé des pompes pour aider les populations des pays du bassin à jouir d’une eau potable ne les rendant pas malades.

Un autre problème, la reproduction importante des herbes aquatiques a bloqué les sorties du lac Victoria, ce qui a élevé le niveau de l’eau dans le lac et menacé des villages entiers, les biens et la richesse animale. C’est pourquoi l’Egypte a mis en exécution un important projet en Ouganda visant à lutter contre les herbes aquatiques dans la région des Grands Lacs sur quatre phases : la première avait été exécutée de 1999 à 2007 pour un coût de 13,9 millions de dollars, alors que la deuxième phase exécutée entre 2007 et 2010 a coûté 4,5 millions de dollars, la troisième phase 2 millions de dollars et la quatrième phase, qui se déroule actuellement, coûtera 2 millions de dollars. Toutes ces sommes sont octroyées par le gouvernement égyptien au peuple ougandais. Ce projet égypto-ougandais a donné des résultats fructueux sur les niveaux politique, économique et social dans la région des Grands Lacs.

— Existe-t-il une coopération dans le domaine des barrages ?

— Oui, bien sûr. Le Sud-Soudan vient de nous demander des études de faisabilité pour un petit barrage d’une capacité de stockage de 2 milliards de m3 d’eau, des études hydrauliques, électriques et de construction. L’étude seule coûtera à l’Egypte 2 millions de dollars. On aidera également les Sud-Soudanais à collecter des fonds pour l’exécution du barrage. Des dizaines d’experts égyptiens ont participé à la construction de plusieurs barrages et réservoirs, pour collecter l’eau des pluies en Ouganda, afin de l’utiliser plus tard dans l’agriculture, la pisciculture ou autres. Ces barrages sont trop petits, la capacité de stockage de chacun se situe entre 1 000 et 5 000 m3 d’eau et le coût varie entre 20 000 et 30 000 dollars.

— Qu’en est-il de la coopération avec l’Ethiopie ?

— L’Egypte compte installer un laboratoire de simulation hydraulique pour étudier les barrages dans le laboratoire, avant de les construire. La simulation nous permet d’expérimenter la conception du barrage avant de le construire, pour s’assurer que les plans sont bons et que le barrage ne s’effondrera pas à cause de différentes conditions atmosphériques et autres. Cela permet d’ajuster les plans pour éviter les points faibles que la simulation aura révélés. Le projet est actuellement en phase de dessin au laboratoire.

— Quid des autres projets bilatéraux ?

— La République démocratique du Congo a demandé à l’Egypte de lui construire un centre pour prédire les pluies. Ce pays souffre des précipitations sévères qui causent des dégâts s’élevant à des millions de L.E. Ce pays a également demandé de former des cadres qui seront capables de gérer ce centre dans le futur. Ou encore une ferme modèle, car on ne sait pas comment cultiver les terres, et l’Egypte est un pays agricole depuis des milliers d’années. v

En plus, l’Egypte organise des ateliers de travail et de courts programmes de formation dans le domaine de l’eau, ainsi que de vrais programmes d’études de masters et de doctorat dans le domaine de l’eau. Mais ces études spécialisées se déroulent en Egypte et non dans les pays riverains du Nil.

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