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Ibrahim Yassine: « A 20° au lieu de 16, un climatiseur consomme 24 % de moins »

Dalia Abdel-Salam, Lundi, 22 juillet 2013

Pour Ibrahim Yassine, directeur du projet sur l’efficacité énergétique de l’éclairage et des appareils électroménagers, des changements simples permettraient une économie considérable d’électricité. Ses priorités se concentrent désormais sur la consommation des ménages et des lieux de culte.

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Al-ahram hebdo : Comment le projet que vous dirigez permet-il de rationaliser la produc­tion et la consommation d’éner­gie ?

Ibrahim Yassine : Durant sa pre­mière phase, de 2000 à 2010, notre projet a réussi à réduire de 40 % la quantité de combustible utilisée par les usines de production d’électrici­té, ce qui a entraîné une baisse de l’émission de gaz à effet de serre.

La deuxième phase, qui durera jusqu’en 2016, visera à transformer le marché de l’énergie en convertis­sant les gros consommateurs d’éner­gie, comme le logement, le com­merce, les administrations, les bâti­ments de culte et les rues, à l’utilisa­tion d’un éclairage économique. Rappelons que le logement et le commerce consomment 47 % de l’énergie électrique produite, et que sur ces 47 %, 40 % sont consacrés à l’éclairage intérieur. Les administra­tions consomment 6 % de la produc­tion totale d’électricité, et l’éclairage des rues 7 %.

Le principe est que les investisse­ments nécessaires au transfert vers l’éclairage économique peuvent être rentabilisés en 4 à 9 mois grâce à la baisse des factures d’électricité. Le premier défi a consisté à trouver ces investissements, mais nous l’avons relevé grâce à des entreprises de services énergétiques qui ont d’abord doté les bâtiments d’équipements d’éclairage économique et se sont ensuite rémunérées à travers les éco­nomies réalisées sur les factures d’électricité.

— Comment convainquez-vous la population de l’intérêt de votre projet ?

— Nous avons ciblé la population grâce à une campagne télévisée de sensibilisation, menée en coopération avec la compagnie holding pour l’électricité, pour un coût de 5 mil­lions de L.E. Nous avons aussi recours aux ONG pour sensibiliser dans les quartiers. En outre, les ONG peuvent acheter des ampoules écono­miques et les revendre pour qu’elles soient utilisées dans les maisons et les commerces, grâce aux fonds fournis par le programme des petites subven­tions du FEM.

— Quels sont vos conseils pour réduire l’électricité consommée dans les maisons ?

— Dans les foyers, il est recom­mandé d’utiliser des ampoules éco­nomiques qui réduisent de 80 % la consommation d’électricité. En outre, comme ces ampoules produisent 90 % d’éclairage et 10 % de tempéra­ture (contre 90 % de température et 10 % d’éclairage pour les ampoules ordinaires), leur utilisation permettra aussi d’allumer moins souvent les climatiseurs.

Globalement, les ampoules écono­miques aident à réduire la consom­mation électrique des climatiseurs de 10 à 15 %. En ce qui concerne les climatiseurs, il faut savoir que 24 degrés est la meilleure température ambiante pour le corps humain. Chaque degré en plus dans un clima­tiseur économise 6 % de la consom­mation électrique : cela veut dire qu’une famille qui règle la tempéra­ture du climatiseur à 20º consomme 24 % d’électricité de moins qu’une famille qui règle son climatiseur à 16º.

Pour régler ce problème, nous avons suggéré à l’Organisation égyp­tienne de normalisation et de qualité de produire des climatiseurs conçus de telle sorte que leur température minimale soit de 20º, au lieu de 16 ou 18.

— Les lieux de culte ont parfois une consommation électrique exa­gérée. Qu’avez-vous fait à cet égard ?

—avons un grand problème avec les bâtiments religieux ! Une mosquée ayant besoin, par exemple, de 11 climatiseurs en recevra 22 en don. De plus, l’éclairage des mos­quées est tout à fait exagéré, surtout pendant le mois du Ramadan. C’est pourquoi nous avons suggéré au ministre des Waqfs de former 40 pré­dicateurs aux moyens d’économiser l’énergie. Ils ont visité une usine élec­trique et on leur a expliqué comment rationaliser la consommation élec­trique, pour qu’ils puissent trans­mettre ce message dans les mos­quées.

— Comment faire pour rationali­ser l’éclairage des rues ? Certains lampadaires restent allumés le matin ...

— Il existe des normes internatio­nales pour l’éclairage des rues. Comme celui-ci relève de la respon­sabilité des gouvernorats et des municipalités et non du ministère de l’Electricité, nous avons formé 6 000 fonctionnaires municipaux dans le cadre de notre projet. Quant au problème des lampadaires allu­més en pleine journée, il provient d’une erreur de peinture. Si les peintres chargés de la peinture des poteaux en aluminium recouvrent les capteurs qui sont sur les poteaux, ces derniers deviennent aveugles, ne détectant plus la lumière et ne pou­vant plus s’éteindre automatique­ment. On en revient à la nécessite de sensibiliser ! .

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