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La Côte-Nord nappée de noir

Rasha Hanafy, Lundi, 20 mai 2013

Les intempéries, qui ont frappé Alexandrie et des villes voisines la semaine dernière, ont rendu difficile la maîtrise de la marée noire survenue sur la Côte-Nord. Les analyses d'échantillons devraient permettre d'en connaître la source.

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Entre le kilomètre 40 et 46 de la Côte-Nord, le sable est passé de blanc à noir. La cause en est une marée noire qui a fait irruption sur cette zone qui s’étend entre deux villages touris­tiques avec une largeur entre 100 et 200 mètres. Des échantillons ont été prélevés pour analyse afin de connaître la source de cette pollution : une compagnie pétro­lière ou un navire ?

L’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), en collaboration avec l’autorité publique du pétrole, a déployé des efforts visant à net­toyer la plage dans la zone en question ainsi qu’à aspirer les petites nappes dans l’eau. Mais les pluies et le vent qui ont frappé quelques villes côtières dont Alexandrie ont rendu la mission difficile. « Le brut causant cette marée est léger. L’unité des crises et de la lutte contre les catas­trophes à l’AEAE ainsi que l’auto­rité du pétrole auraient pu absor­ber les nappes d’huile au milieu de l’eau, lorsqu’elles ont reçu la noti­fication concernant cette marée. Mais les pluies et le vent violent constituaient un obstacle de taille. La marée a été donc divisée en gouttelettes, et une grande partie a été rejetée par les vagues sur le sable. Le nettoyage a été achevé dans les kilomètres 43-44 et nous travaillons sur les deux ou trois kilomètres qui restent », explique Kawsar Hefni, directrice de l’ad­ministration centrale des crises et des catastrophes environnemen­tales relevant de l’AEAE. Et d’ajouter : « La distance séparant le lieu de déversement et la côte, la morphologie littorale, les vents et les courants permanents et saison­niers jouent sur l’importance et la forme de la pollution qui affecte le littoral. La nature même de ce lit­toral le rend plus ou moins sen­sible. Dans la zone de cette marée sur la Côte-Nord, il y a des com­pagnies pétrolières et des plate­formes aussi. L’analyse des échan­tillons pris est en cours. Nous avons reçu la liste de tous les navires qui sont passés le jour qui précède le déversement de l’huile. On ne peut pas confirmer qu’il s’agit d’un déversement des pipe­lines de la compagnie la plus proche de cette zone, à savoir Sumed qui possède 16 variétés différentes d’huile. On doit attendre les résultats des analyses des échantillons ». Selon la res­ponsable, un procès-verbal est dressé et la source de ce déverse­ment sera jugée selon la loi, qu’elle soit compagnie, navire ou usine.

Les amendes dans ce genre de procès atteignent plusieurs mil­lions de L.E. selon les dommages causés sur l’environnement et le milieu qui entoure la zone de la catastrophe.

La lutte contre les pollutions accidentelles par hydrocarbures implique souvent l’utilisation de produits chimiques pour faciliter la dégradation ou la récupération du polluant. Il existe plusieurs familles de produits : les disper­sants, les produits de lavage, les absorbants, les gélifiants et les solidifiants.

Le déversement d’huile n’est pas un fait nouveau en Egypte. Il y a quelques mois, des marées ont eu lieu dans le Nil, d’autres dans le golfe de Suez et la mer Rouge. Malgré les dispositions de la loi, les amendes payées, les procé­dures et les mesures prises par l’autorité de la sécurité marine et toutes les autres parties concer­nées, ce genre de pollution arrive fréquemment. Des catastrophes causées par les hydrocarbures ont de mauvais impacts sur une autre activité humaine, à savoir la pêche, notamment pour les pêcheurs dans la zone du gouvernorat de Suez .

Contrôle et sécurité à Al-Gilf Al-Kebir

48 000 kilomètres carrés. C’est la super­ficie de la réserve naturelle d’Al-Gilf Al-Kebir, située à l’extrême sud-ouest de l’Egypte. A l’époque de la déclaration de cette réserve naturelle en 2007, les acteurs du domaine ont critiqué sa superficie qui empêche le contrôle et le travail des ran­gers. En effet, le nombre de ces derniers ne suffit pas à sécuriser la réserve.

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Afin d’in­tensifier le contrôle et la sécurité, le sec­teur de la protection de la nature relevant de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) commence l’application d’un programme qui consiste à connaître les données du nombre de visites mensuelles, de touristes, de compa­gnons et de véhicules de safaris.

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Le pro­gramme est exécuté en coopération avec la police des safaris dans les oasis. Toujours dans la réserve d’Al-Gilf Al-Kebir, un programme d’information, d’éducation et de sensibilisation est mis en place en col­laboration avec la mission australienne. Il s’agit de présenter la réserve avec sa diver­sité biologique et archéologique ainsi que des informations sur la biodiversité dans les autres réserves naturelles en Egypte, le concept de l’environnement et des réserves, les législations environnemen­tales qui s’y appliquent et l’importance de la participation de la société civile .

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