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Yasmine Farouk : Il faut distinguer entre sensibilisation politique et manipulation politique

Dina Darwich, Lundi, 23 décembre 2013

Yasmine Farouk, maître de conférences à la faculté d’économie et de sciences politiques de l'Université du Caire, explique l'impact de l’expérience ALMUN sur la situation actuelle de l'Egypte

Yasmine Farouk
Yasmine Farouk, maître de conférences à la faculté d’économie et de sciences politiques de l'Université du Caire.

Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous que l’ALMUN puisse être une aide aux politiciens de demain ?

Yasmine Farouk : Ce modèle enrichit les connaissances des jeunes et stimule leur sens de la recherche. Il est évident que le modèle est plus utile pour les étudiants en sciences politiques parce qu’il est étroitement lié à la carrière qu’ils veulent embrasser. Le modèle a gagné de l’ampleur chez les écoliers, car il les aide à sortir de leurs soucis quotidiens limités aux études. Il leur ouvre un horizon sur le monde extérieur, approfondit leurs connaissances en politique et les initie à sa terminologie. Cette formation politique est très importante car les jeunes n’ont pas l’occasion d’avoir accès à une méthode plus ou moins académique. Les réseaux qui offrent ce genre d’informations comme l’école, les médias, etc. sont souvent subjectifs. Il est donc utile d’aider ces jeunes à avoir recours à d’autres sources plus objectives par le biais de la recherche et de les aider à aborder une situation précise à la lumière de ces données.

— Mais comment y parvenir alors que toute activité politique est interdite dans les écoles ?

— Il faut distinguer entre sensibilisation politique et manipulation politique. Sensibiliser l’élève dès son jeune âge et lui apprendre à devenir un citoyen conscient de ses droits est une nécessité. Cela diffère de la manipulation qui fournit aux jeunes une seule partie de l’image afin de les influencer et les convaincre d’adopter les idées d’un certain courant politique, ce qui est une chose inadmissible.

— L’expérience ALMUN révèle que les élèves manquent de connaissance en politique étrangère. Comment l’expliquez-vous ?

— Ce qui se passe dans le monde des jeunes semble se retrouver chez les politiciens professionnels. On a tendance à s’intéresser aux questions locales plutôt qu’à l’actualité internationale. Les chercheurs en sciences politiques s’intéressent davantage aux questions égyptiennes. C’est souvent l’un des aspects des pays en voie de développement. Mais il y a également la mobilisation politique que connaît la rue égyptienne. L’individu assiste tous les jours à des incidents et des événements qui se passent autour de lui. Comment pourrait-il aller plus loin ? Les élèves sont à leur tour le produit de cette société qui vit des mutations depuis plus de trois ans.

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