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Hafez Abou -Seada : « Seul un verdict de justice peut fermer ces chaînes »

Dina Darwich, Lundi, 12 août 2013

Hafez Abou-Seada, président de l’Association égyptienne des droits de l’homme, première association active dans le domaine, exprime son indignation quant à la fermeture des chaînes religieuses.

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Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous de la dernière décision du ministre de l’Intérieur concernant la fermeture des chaînes religieuses ?

Hafez Abou-Seada : Je suis contre la fermeture des chaînes bien qu’elles incitent à la haine et exacerbent le conflit entre les coptes et les musulmans. Cependant, seul un verdict de justice peut fermer ces chaînes. Une mesure qui pourrait être facilement prise. Il est vrai que la décision de les fermer avait pour but de protéger la légitimité de la révolution. Cependant, j’espère que cette fermeture sera temporaire et exceptionnelle.

— La Constitution égyptienne comprend-elle des articles qui assurent le droit à la liberté d’expression ?

— Selon l’article 45 de la Constitution, la liberté d’expression et celle d’opinion sont garanties. Tout individu a le droit de s’exprimer librement que ce soit par la parole, l’écriture, la photographie ou d’autres moyens d’expression. L’article 48 de la Constitution stipule que la liberté de la presse, de l’impression, de la publication et des moyens médiatiques est garantie, afin de pouvoir accomplir avec indépendance la rôle des médias dans la formation de la société en reflétant les avis de toutes les tendances politiques. Et ce, tout en respectant les bases fondamentales de l’Etat et en préservant les droits, les libertés et la vie privée des citoyens ainsi que les nécessités de la sécurité nationale. Il est absolument interdit selon cet article de fermer ces médias sans verdict de la justice, mais il arrive parfois que la censure soit imposée en cas de conflits militaires ou de mobilisation nationale. La position de l’Association égyptienne des droits de l’homme est conforme aux droits constitutionnels. On a même publié un rapport pour clarifier notre position envers cet acte suite à la fermeture de la chaîne Al-Faraïne, il y a presque un an sous le régime du président Mohamad Morsi. Mais nous avons exprimé la même indignation à la suite de la fermeture des chaînes religieuses.

— Pensez-vous que la fermeture de ces chaînes soit une mesure exceptionnelle ? Ou s’agit-il du début d’une série de mesures répressives ?

— Nous espérons que cet acte sera exceptionnel. L’Egypte devra respecter les conventions des droits de l’homme et toutes les chartes qu’elle avait ratifiées. Celles-ci sont devenues obligatoires en ce qui concerne la liberté d’expression et d’opinion et l’accès à l’information. Ces conventions stipulent également que les chaînes de télévision ne doivent être fermées qu’à travers un verdict de justice et non par décision administrative .

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