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Le Musée égyptien resplendira de nouveau

Nasma Réda, Lundi, 31 décembre 2018

En 2019, le Musée égyptien du Caire fera l'objet de grands travaux de réaménagement et de rénovation qui doivent durer 7 ans. Objectif : lui faire retrouver sa beauté et sa splendeur d'antan.

2019 sera une année marquante dans l’histoire du Musée égyptien du Caire, l’un des plus grands musées consacrés entièrement à l’antiquité égyptienne. Construit en 1902 dans un style néo-classique par l’architecte français Marcel Dourgnon, il fera l’objet d’un projet ambitieux de réaménagement et de rénovation. Ce dernier a été annoncé en novembre par le ministère des Antiquités et se fera en coopération avec l’Union européenne et en collaboration avec cinq des principaux musées européens (le Musée de Turin en Italie, le Louvre à Paris, le British Museum à Londres, le Äyptisches Museum de Berlin et le Rijks Museum Van Oudheden aux Pays-Bas). Le projet se répartit en 5 phases, d’une durée totale de 7 ans.

Au cours de la première phase, les travaux se concentreront sur l’entrée, où les deux statues colossales d’Amenhotep III et de son épouse, la reine Tiyi, continueront de trôner, ainsi que sur les quatre statues occupant les 4 coins de l’entrée. « Après le transport de nombreuses pièces antiques au Grand Musée Egyptien (GME), les locaux disposent de plus de places et permettent donc une belle exposition des trésors. Une bonne muséologie sera mise en place. Le musée égyptien retrouvera ainsi sa beauté d’antan », assure Hassan Sélim, professeur à l’Université de Aïn-Chams et membre du comité de la nouvelle muséologie. « Les statues colossales des pharaons égyptiens ne quitteront pas le Musée égyptien. Ils en constituent des piliers essentiels », assure, pour sa part, Ola Al-Eguizy, également membre du comité. Toutefois, les colosses de Ptah et du roi Sénousret Ier seront transférés, l’un au GME et l’autre au musée national de la civilisation (NEMC).

« L’art en Egypte ancienne » deviendra le thème principal du Musée égyptien à la place Tahrir. Poteries, céramiques, statues et autres objets seront placés par ordre chronologique dans l’atrium. « Le musée renferme des pièces rares et uniques, telles que les premiers essais d’inscription sur des stèles de l’histoire égyptienne, la statue de Narmer et d’autres », explique Sélim. Selon Elham Salah, chef du secteur des musées auprès du ministère des Antiquités, 5 000 pièces seulement seront exposées. « J’ai honte parfois en découvrant des pièces antiques inédites qui n’ont jamais été exposées », ajoute-t-elle. Il est à noter que la collection du Musée égyptien compte près de 160 000 pièces, exposées ou stockées.

Les deux galeries — à gauche et à droite de l’atrium — où étaient stockées quelques pièces, seront vidées et remplacées par des endroits de repos pour les visiteurs. Quant à la deuxième phase, dont les travaux se prolongeront sur un an, elle se concentrera sur l’Ancien et le Moyen Empire. « Au lieu d’une seule galerie avec tous les objets de l’Ancien Empire, on planifie trois galeries, et ce, après le transfert de la collection de la mère de Chéops, Hétep-Hérès, vers le GME », dit Sélim. L’objectif est non seulement de présenter les pièces d’une façon attirante, mais parfois de les regrouper, par exemple dans le cas d’une tombe et des objets qu’elle renfermait. Selon Al-Eguizy, les travaux au rez-de-chaussée suivant la ligne chronologique continueront en parallèle aux travaux de développement des systèmes d’éclairage et sécuritaire du musée. « Une fois terminés au rez-de-chaussée, les travaux continueront au premier étage pour poursuivre l’aménagement et le développement de cet agréable édifice », conclut Salah.

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