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L’histoire de deux intifadas

Lundi, 19 octobre 2015

L’histoire de deux intifadas

La révolte des pierres

L’histoire de deux intifadas2

Victime de mauvaises conditions de vie et de travail, de restrictions politiques et reli­gieuses concernant l’accès à Jérusalem, le peuple palestinien est au bord de l’explosion. C’est le 9 décembre 1987. Un camion israélien percute une voiture causant la mort de quatre Palestiniens : c’est la goutte qui fait déborder le vase. Les Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza se sont révoltés contre Israël dans ce qui sera appelé la « révolte des pierres » ou « l’intifada blanca », pour sa nature non violente. La grogne palestinienne a atteint son apogée, en février 1988, lorsqu’un photographe israélien publie des images de soldats israéliens molestant des Palestiniens. Ce mouvement populaire est rapidement sou­tenu par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et par le Commandement National Unifié pour l’Intensification du soulèvement sur les territoires occupés (CNU) formé par le Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP), le Fatah, le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et le Parti communiste palestinien. Le Hamas a été fondé durant cette période sous les commandes du cheikh Ahmad Yassin pour militer uniquement contre les forces de l’armée d’oc­cupation (par opposition aux civils). Cette intifada se caractérisa par une large campagne de déso­béissance civile et des manifestations perma­nentes contre la domina­tion israélienne. La conférence de Madrid en octobre 1991, puis les accords de paix d’Oslo du 13 septembre 1993 ont mis fin à la première intifada qui a coûté la vie à plus de 2 000 Palestiniens et 160 Israéliens l

L’intifada d’Al-Aqsa

Cette deuxième intifada est surve­nue dans un contexte poli­tique tendu après l’échec du deu­xième sommet de Camp David en juillet 2000, les deux parties n’ayant pu trouver un accord ni sur le statut de Jérusalem-Est, ni sur le retour des réfugiés palesti­niens. La visite d’Ariel Sharon – à l’époque chef de la droite dans l’opposition israélienne – le 28 septembre 2000, sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, a été l’élément déclencheur. Une visite durant laquelle il a revendiqué la souveraineté israélienne sur ce lieu hautement symbolique, et que les Palestiniens ont considérée comme un acte de provocation. Les vio­lences éclatent à Jérusalem, puis dans l’ensemble de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les forces d’occupation ont intensifié la répression et des dizaines de Palestiniens ont été tués en quelques jours, dont le jeune enfant Mohammad Al-Dorra (12 ans), devenu le sym­bole de cette intifada.

Cinq ans plus tard, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas se retrouvent à Charm Al-Cheikh, en Egypte, pour annoncer la fin des violences.

Ce cycle de violences qui débuta le 28 septembre 2000 s’est donc poursuivi pendant plu­sieurs années, jusqu’en 2005. Voire, il ne s’était jamais éteint, selon certains spécialistes.

Cette intifada se distingue de la première par l’utilisation des armes à feu et par les attentats suicides qui n’épargnaient pas les civils israéliens. Le bilan humain a été très lourd, des estimations placent le nombre de morts à presque 5 000 Palestiniens et un millier d’Israéliens.

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