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Khaled El-Enany : L’Egypte continuera à éblouir le monde

Nasma Réda, Lundi, 07 février 2022

Khaled El-Enany, ministre du Tourisme et des Antiquités, revient sur les plans de son ministère pour l’année 2022, qu’il considère comme « exceptionnelle » dans les domaines de l’archéologie et du tourisme.

Khaled El-Enany

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les plans du ministère du Tourisme et des Antiquités pour l’année courante ?

Khaled El-Enany : 2022 est une année exceptionnelle sur le plan archéologique et touristique. Il y aura de grands événements à célébrer. 2022 marque le centenaire de la découverte de la tombe du roi Toutankhamon par l’Anglais Howard Carter. C’est la seule tombe de l’Egypte Ancienne découverte intacte. Il y a aussi le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par François Champollion et la naissance de l’égyptologie. 2022 sera aussi marquée par l’inauguration de plusieurs méga-projets comme le Grand Musée égyptien (GEM), le Musée des capitales égyptiennes à la Nouvelle Capitale administrative, le Musée gréco-romain d’Alexandrie, dont l’inauguration est prévue l’été prochain, le Musée de Suez et le Palais de Mohamad Ali à Choubra. Le 22 février, il y aura une célébration exceptionnelle au temple de Ramsès II à Abou-Simbel, à Assouan, pour fêter le phénomène de la perpendicularité du soleil sur le visage du roi Ramsès. Le ministère prépare actuellement un grand événement à Sainte-Catherine pour mettre en valeur cette ville spirituelle. Aussi, le secteur des musées travaille sur une exposition qui se tiendra en marge de la Conférence internationale sur le climat (COP27) à Charm Al-Cheikh pour montrer l’intérêt que l’Egypte accorde à l’environnement à travers des pièces rares. Nous célébrerons également cette année le retrait du monastère d’Abou-Mina à Alexandrie de la liste « rouge » de l’Unesco et la fin de ce cauchemar qui a duré presque 20 ans après de longs travaux de restauration et de conservation de ce site exceptionnel.

─ De nouveaux projets archéologiques verront-ils le jour en 2022 ?

─ Le ministère travaille d’arrache-pied pour terminer les travaux de réaménagement et de restauration de la mosquée d’Amr Ibn Al-As, considérée comme la première mosquée établie en Egypte, afin qu’elle accueille les fidèles durant le mois du Ramadan en avril prochain. Nous voulons ajouter de nouvelles stations au circuit de la Sainte Famille après avoir inauguré trois sites en 2021. Nous travaillons de même sur le projet de réaménagement du Caire historique. Tout ceci sans oublier les 250 missions archéologiques opérant en Egypte qui font de temps à autre de fabuleuses découvertes. Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) annoncera très bientôt une nouvelle découverte à Saqqara.

─ Et où sommes-nous de l’inauguration du Grand Musée égyptien ?

─ 99 % des travaux ont été achevés. Plus de 55 000 artefacts ont été transférés et restaurés, 100 % des pièces lourdes ont été installées dans le hall et sur le grand escalier, plus de 85 % des pièces de la collection de Toutankhamon ont été placées dans leurs vitrines. Il y aura une grande célébration pour fêter l’inauguration de ce musée hors pair. La date précise de l’inauguration sera annoncée par le président de la République.

─ Le ministère du Tourisme et des Antiquités déploie des efforts pour introduire la technologie moderne dans les sites touristiques et archéologiques. Qu’est-ce qui a été fait à ce niveau ?

─ Tous les nouveaux projets sont munis de moyens technologiques modernes. Par exemple, l’hologramme sera utilisé au nouveau centre des visiteurs à Sainte-Catherine. En outre, 10 nouvelles plateformes en rapport avec le tourisme seront lancées cette année. Mais la transformation numérique et le recours à la technologie moderne sont très coûteux et le secteur privé doit en faire partie.

─ Le rôle du secteur privé croît jour après jour dans le domaine archéologique. Comment voyez-vous sa contribution ?

─ L’intervention du secteur privé pour financer, sponsoriser ou même présenter des services aux clients est devenue indispensable dans le domaine culturel. C’est aujourd’hui un partenaire incontournable. Il faut savoir que les fouilles et les travaux de restauration et de maintenance des musées coûtent cher au ministère. Aujourd’hui, le secteur privé se charge de la gestion des sites, des centres de visite, des restaurants et des boutiques. Il collabore aussi en équipant les sites ou en s’occupant des préparatifs des conférences. Cette collaboration est très importante pour les deux parties.

 

Khaled El-Enany

 

─ Le ministère a organisé deux grandes célébrations en 2021 : la Parade des momies et l’inauguration de l’Allée des béliers. Ces célébrations ont-elles eu un impact positif selon vous sur le tourisme ?

─ Chaque célébration avait son aspect et était organisée différemment. Il était normal que le monde entier suive attentivement ces cérémonies. Le grand succès de la Parade des momies royales au Caire, puis de la cérémonie d’inauguration de l’Allée des béliers à Louqsor a donné une excellente image de l’Egypte et a eu un impact très positif sur le tourisme. Déjà, la grande maison de couture italienne pour hommes Stefano Ricci va organiser en mars prochain son défilé devant le temple de la reine Hatchepsout dans un spectacle éblouissant. De même, le Plateau des pyramides verra plusieurs événements importants dont la deuxième édition de l’exposition « L’éternité est maintenant ».Toutes ces activités encouragent les touristes à venir découvrir cette civilisation. L’Egypte continuera à éblouir le monde dans le domaine de l’archéologie et du patrimoine et dans le domaine du tourisme.

─ Le ministère vise-t-il de nouveaux marchés touristiques en 2022 ?

─ Le ministère a développé une excellente stratégie pour soutenir le secteur du tourisme égyptien, en particulier durant la pandémie de Covid-19. La mission du ministère du Tourisme, dans des circonstances normales, est de résoudre les problèmes et de promouvoir de nouveaux marchés, mais la crise sanitaire a tout bloqué. L’Etat a joué un rôle important pour soutenir ce secteur gravement touché par la pandémie et surtout soutenir les employés en les préparant à revenir une fois la pandémie terminée.

─ Comment voyez-vous la reprise du tourisme aujourd’hui en Egypte ?

─ Le retour des touristes russes et anglais après la levée de la suspension des vols vers Charm Al-Cheikh est un pas satisfaisant pour le secteur du tourisme. Nous cherchons à ouvrir de nouveaux marchés comme la Hongrie par exemple. Il y a une coopération avec ce pays. L’Egypte sera l’invitée d’honneur du Salon hongrois du tourisme en mars prochain. Nous ciblons aussi le tourisme africain et on discutera, lors de la prochaine session du CSA, la possibilité de leur permettre d’accéder aux sites archéologiques moyennant les mêmes tarifs que les Egyptiens.

─ Les hôtels appliqueront-ils de nouveaux prix cette année ?

─ Vu la pandémie, le Conseil des ministres a reporté à plusieurs reprises la nouvelle liste des prix des hôtels. Mais à partir du mois de mai prochain, de nouveaux prix seront appliqués, et ils augmenteront graduellement. Il n’est pas normal qu’une nuit dans un hôtel cinq étoiles coûte 26 dollars seulement !

─ A part le tourisme religieux, quel autre genre de tourisme l’Egypte peut-elle promouvoir pour améliorer ses recettes touristiques ?

─ Le tourisme thérapeutique, le tourisme des conférences et celui des yachts ont un potentiel considérable en Egypte. Nous travaillons actuellement pour se doter d’une bonne infrastructure dans ces domaines.

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