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Les raisons de la banqueroute

Dalia Farouq, Dimanche, 29 septembre 2019

La concurrence acharnée des sites Internet de voyage à bas prix et le Brexit sont les deux raisons affichées par Thomas Cook pour expliquer sa faillite. Mais y a-t-il d’autres raisons? Et comment en tirer les leçons?

Les raisons de la banqueroute
Les clients de Thomas Cook sont rapatriés à la suite des nouvelles de la faillite de leur compagnie.

La faillite d’un grand voyagiste comme Thomas Cook sonne comme une alerte pour les grandes compagnies travaillant dans le tourisme, si l’on se penche sur les raisons qui ont mis fin à une société qui possède près de deux décennies d’expérience.

Hicham Zaazoue, ancien ministre du Tourisme, attribue la faillite de Thomas Cook à plusieurs facteurs, à savoir les problèmes du marché international et le ralentissement des mouvements de réservation touristiques, ce qui a alourdi la charge financière pesant sur la société en salaires, dettes et autres dépenses. En effet, la faillite de l’ancien voyagiste est due à l’accumulation de dettes, qui s’élevaient à 1,6 milliard de livres sterling. Zaazoue explique que le voyagiste n’a pas non plus su faire face aux changements rapides des tendances du marché mondial.

Avis partagé par Mohamad Farouq, président du comité du tourisme électronique de la Chambre des agences de voyages, qui estime que la faillite de Thomas Cook est survenue à cause de l’incapacité de la société à suivre le rythme des développements récents, notamment dans le domaine de la technologie. Les sites Internet et réseaux sociaux spécialisés dans le tourisme dépensent beaucoup moins que les sociétés traditionnelles et arrivent, par contre, à atteindre un très grand public, ce qui pourrait entraîner l’effondrement des géants du tourisme mondial. « Le marché mondial du tourisme était en pleine mutation au temps où Thomas Cook restait gelé et travaillait toujours via les moyens traditionnels, qu’ils soient brochures, programmes et autres. Avec le développement moderne, malheureusement, il n’a pu se développer rapidement afin d’être sur la même longueur d’onde que le client », explique Farouq.

Il souligne que le monde entier s’est tourné vers les applications mobiles. Une grande catégorie des jeunes travaillent avec des téléphones mobiles dans les domaines de la recherche, de la réservation et des voyages. Il avertit ainsi les entreprises qui ne se sont pas encore développées, et qui pourraient connaître le même sort.

Idée partagée par Amr Al-Gabri, tour-opérateur, pour qui les voyagistes expérimentés se sont mal adaptés au changement du marché. « De nouvelles pratiques ont envahi le monde des voyages et auxquelles Thomas Cook était mal préparé avec des programmes élaborés à l’avance qui manquent de flexibilité. Actuellement, les touristes veulent organiser eux-mêmes leur séjour dans le sens de choisir eux-mêmes leurs moyens de transport, leurs hébergements et même leurs activités », explique-t-il. A contrario, les acteurs du marché en ligne se développent et ont bien étudié les différents marchés, ces nouvelles tendances et sont aptes à y répondre.

« Si l’on ajoute à cela la mauvaise adaptation du voyagiste anglais aux besoins du marché, un endettement trop important, et la chute de la livre sterling en raison du Brexit, tous les éléments étaient réunis pour écrire la fin de l’histoire d’un grand voyagiste », conclut Al-Gabri .

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