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Al-Abbassi resplendit de nouveau à Port-Saïd

Nasma Réda, Mardi, 28 août 2018

Construite par le khédive Abbas Hélmi II, la mosquée Al-Abbassi de Port-Saïd a rouvert ses portes aux fidèles après des travaux de restauration et de réaménagement.

Al-Abbassi resplendit de nouveau à Port-Saïd
La façade de la mosquée après sa rénovation. (Photo : Ministère des Antiquités)

Située dans le quartier Al-Arab, dans la ville de Port-Saïd, la mosquée Al-Abbassi a retrouvé sa splendeur au terme de près de 15 mois de restauration et de réaménagement. Cette mosquée tient son nom du khédive Abbas Hélmi II (1874-1944), dernier khédive d’Egypte (1892-1914), qui avait ordonné sa construction.

D’une superficie d’environ 700 m2, la mosquée a été la deuxième bâtie à Port-Saïd, après celle d’Al-Tawfiqi. « Vu la croissance démographique de la ville, le khédive Abbas a décidé, en 1904, de bâtir une autre mosquée un peu plus loin que celle de son père », explique Gamal Moustapha, chef du secteur des monuments islamiques au ministère des Antiquités, ajoutant que les travaux de réaménagement de la mosquée ont été financés par des dons d’hommes d’affaires de la ville et accomplis par des archéologues égyptiens spécialisés dans différents domaines. « Cette mosquée a eu de tout temps une grande valeur religieuse et historique pour les citoyens de Port-Saïd, surtout pendant l’agression tripartite contre l’Egypte en 1956 et la guerre du Sinaï (1967-1973), puisque sa cour a accueilli les familles terrifiées par le bombardement, et son minaret a été le témoin des premières étincelles de la résistance », raconte Tareq Hassanein, directeur général des monuments islamiques de Port-Saïd. Et d’ajouter que vu son importance historique, l’ancien président Gamal Abdel-Nasser y a prié lors de ses visites à Port-Saïd.

Al-Abbassi resplendit de nouveau à Port-Saïd
(Photo : Ministère des Antiquités)

Au cours des années, la mosquée a continué à jouer son rôle religieux au service de ses fidèles, mais a souffert de mauvaise maintenance. « Al-Abbassi a été sous la direction du ministère des Waqfs jusqu’en 2006, quand le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) l’a classée sur la liste des monuments islamiques », déclare Moustapha Waziri, secrétaire général du CSA. Notons que le khédive Abbas Hélmi II a bâti 102 autres mosquées dans différents gouvernorats du pays, toutes semblables dans leur style architectural, qui caractérise cette période de la famille de Mohamad Ali. « Minaret de style mamelouk, cour rectangulaire avec un mihrab finement décoré et un minbar en bois de hêtre, telles sont les principales caractéristiques architecturales d’Al-Abbassi », explique Waad Aboul-Ela, chef du secteur des projets au ministère des Antiquités, assurant que la dernière restauration de ce joyau architectural, exécutée par le ministère des Waqfs, remonte à l’an 2000. « Le khédive Abbas Hélmi II avait l’habitude de décorer toutes les mosquées qu’il a fait construire par des motifs sur lesquels sont inscrits non seulement des versets coraniques, mais aussi des vers du célèbre poète Al-Bousseri du XIe siècle, qui sont une ode de louange au prophète Mohamad », souligne Waad Aboul-Ela.

Un centre des visiteurs

Al-Abbassi resplendit de nouveau à Port-Saïd
Les décorations ont rajeuni la mosquée. (Photo : Ministère des Antiquités)

Au fil du temps, la mosquée Al-Abbassi a souffert de négligence et de détérioration en raison de la remontée des eaux souterraines. En plus, elle a perdu certains de ses éléments authentiques lors des précédents travaux de restauration. « Le plafond original en bois décoré a été enlevé et remplacé par un plafond en béton et les anciens michkahs ont été remplacés par des lampes modernes », regrette Gharib Sonbol, chef de l’administration centrale de la restauration auprès du ministère des Antiquités. Et d’ajouter que c’est au cours des travaux de restauration des fenêtres et des portes de la mosquée que les restaurateurs ont découvert des reliefs en écriture coufique. « Le travail le plus difficile était celui sur les murs extérieurs de la mosquée, car les peintures consécutives ont caché l’ancien aspect de la mosquée. On a essayé de trouver presque le même mortier, avec les mêmes composants », assure Al-Husseini.

Bien que le ministère des Antiquités ait refusé l’élargissement de la mosquée, car c’est un monument islamique historique, la construction d’un centre des visiteurs est actuellement à l’étude. « Ce dernier sera constitué de deux chambres menant par un long couloir à la cour de prière. Il sera bâti du côté sud-est, derrière le mur de la qibla », dit Aboul-Ela. Il indique que ce centre visera non seulement à fournir des informations simples et illustrées sur les étapes des travaux de restauration qui ont eu lieu dans la mosquée, mais jouera aussi un rôle éducatif pour les intéressés, notamment les jeunes, en matière d’art et d’architecture islamique, surtout sous le règne du khédive Abbas Hélmi II. Et ce, afin de sensibiliser le public à une partie importante de l’histoire islamique égyptienne.

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