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Tourisme: Un dialogue peu fructueux

Dalia Farouq, Mardi, 08 janvier 2013

Pour trouver une solution à la crise actuelle du secteur, un dialogue national s’est déroulé la semaine dernière. Le pessimisme est toujours de mise.

Tourisme

Le tourisme a chuté de 25 % depuis fin novembre 2012, date du déclenchement de la colère des citoyens, suite à la promulgation d’un décret présidentiel controversé. Prenant en considération ces chiffres qui témoignent d’une crise à laquelle fait face le tourisme égyptien, l’Union des Chambres de tourisme et d’hôtellerie égyptienne a organisé cette semaine un dialogue national autour du tourisme, sa crise, ses répercussions, les solutions. Selon l’Union, si cette crise continue quatre mois encore, il n’y aura aucune perspective pour relancer le secteur.

La plupart des partis politiques ont participé au dialogue, notamment les partis islamistes, comme le Parti Liberté et justice et le parti salafiste Al-Nour. Les partis libéraux comme Al-Wafd, Al-Masréyoune Al-Ahrar (les Egyptiens libres) étaient aussi présents. Tous les partis ont exposé leur point de vue concernant le tourisme, leur plan en vue de le développer et avant tout les solutions pour sortir de l’impasse le plus rapidement possible. Ils ont tous été d’accord sur la nécessité d’oublier les divergences politiques, afin de sauver l’économie du pays. Les représentants des partis islamistes ont essayé d’envoyer un message d’apaisement aux professionnels du tourisme. « Aucun responsable ne peut négliger le secteur du tourisme quand on parle du développement de l’économie égyptienne, étant donné que c’est un secteur central, première source de devises étrangères. Le parti d’Al-Nour ne compte pas proposer la suppression du tourisme des plages », explique Nader Bakkar, porte-parole d’Al-Nour. Il critique les appels de certains salafistes à démolir les Pyramides et d’autres monuments. « On doit savoir d’où viennent ces appels. Il ne faut pas les écouter », reprend Bakkar. Il propose une trêve d’un an entre les différentes forces politiques pour s’entendre sur un agenda législatif et économique dans l’intérêt de l’Egypte.

Une autre initiative a été lancée par les partis Liberté et justice et les Egyptiens libres, qui consiste à organiser une tournée dans les différents sites touristiques afin de dire au monde entier que ce qui se passe en Egypte n’est pas une guerre civile comme le montrent les médias. En fait, ces derniers ont fait l’objet de critiques acerbes de la part du président du comité des médias au Parti Liberté et justice, Mohsen Radi. Il les a accusés d’exagération, ce qui pousse les touristes à fuir l’Egypte. Ces médias se focalisent jour et nuit sur les manifestations, comme s’il n’y avait que cela en Egypte. Dans ce même but, Mohsen Radi assure que son parti accorde un grand intérêt à ce dossier et à son développement et adopte une stratégie qui vise à accorder un rôle plus important aux agences de voyages et à les soutenir financièrement. «vient de rentrer de Pologne où nous nous étions rendus pour étudier ce marché considéré comme l’un des cinq premiers marchés du tourisme égyptien et connaître de près ses besoins touristiques dans l’objectif d’augmenter le nombre de touristes polonais visitant l’Egypte », indique Radi. Il ajoute que depuis l’arrivée du courant islamiste au pouvoir, aucun bar n’a été fermé, et l’alcool est permis parce que le tourisme constitue une manne importante pour l’économie.

La sécurité d’abord

Pour sa part, Ahmad Al-Khadem, expert touristique et représentant du parti du Néo-Wafd, estime que le retour des touristes est lié au dossier de la sécurité. « Il nous faut un pays sûr pour que les touristes reviennent », précise-t-il. Il pense que le gouvernement doit injecter plusieurs milliards de L.E. dans le secteur du tourisme pour éviter sa faillite, d’autant que beaucoup d’investisseurs dans ce domaine ont commencé à changer d’activités pour réduire leurs pertes quotidiennes. « C’est catastrophique, car cette industrie qui s’est stabilisée au cours des trois décennies passées risque de s’effondrer complètement. Une perte qui sera difficile à rattraper dans les 10 années à venir », déplore Al-Khadem.

Frustrés, les professionnels du tourisme présents au dialogue ont exprimé leur anxiété vis-à-vis de l’avenir. « Je suis inquiet pour l’avenir. La controverse sur la nouvelle Constitution a suscité davantage la méfiance parmi les étrangers, parce qu’en Occident, on croit à tort que le pays est en train de plonger dans l’obscurantisme », se lamente Hossam Al-Akaoui, chef d’un tour-opérateur. Dans le même contexte, Ihab Moussa, président de la Coalition de la subvention du tourisme, assure que les compagnies d’assurance refusent de prendre en charge les touristes qui décident de visiter l’Egypte parce qu’elles estiment que le pays est trop dangereux. « Je ne crains pas les islamistes, c’est l’instabilité que je redoute le plus à l’heure actuelle. Si le calme revient, je suis sûr que les touristes reviendront », conclut Moussa .

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