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L’art d’éviter la guerre

Doaa Elhami, Lundi, 12 octobre 2015

Expéditions commerciales, éducation, mariages et structures colossales : les pharaons utilisaient différentes stratégies pour séduire ou impressionner leurs ennemis et empêcher les invasions.

Hormis les campagnes militaires, les souverains protégeaient leurs frontières à travers les différentes campagnes commerciales. Snéfrou (2618-2589 av. J.C), fondateur de la IVe dynastie, envoyait par exemple des expéditions commerciales aux pays des phéniciens, à l’est du pays, afin d’importer le cèdre, utilisé dans la construction des portes des palais royaux. Le roi Sahourâ (2498-2345 av. J.C) envoyait, lui, de nombreuses expéditions dans les pays de Pount, l’actuelle région de Bab Al-Mandeb pour importer de l’encens. Tous ces voyages étaient accompagnés par des militaires pour protéger les commerçants. Cette habitude qui a perduré, pendant toute l’époque pharaonique, possédait un aspect militaire important. Comme l’explique Mohamad Galal, spécialiste des aspects militaires de l’Egypte antique : « Le commerce extérieur était un moyen de garantir la sécurité de l’économie égyptienne, mais aussi pour protéger les frontières à travers l’envoi de troupes à l’extérieur du pays ».

Dans la défense du pays, l’éducation jouait elle aussi un rôle central. Après l’invasion des Hyksos, le grand conquérant Thoutmosis III « a invité les fils des princes voisins afin qu’ils soient instruits au sein de la cour royale. On pourrait appeler cette technique, l’invasion culturelle : le souverain a ainsi éduqué toute une génération de princes à même de se révolter contre l’autorité égyptienne, après avoir été instruits par cette dernière », commente Amira Seddiq, archéologue.

Autre stratégie : les alliances et mariages. Là encore, Thoutmosis III fait office de précurseur. Cette politique de mariages a été utilisée par son successeur, Thoutmosis IV, qui s’est allié avec les Mitanniens contre les Hittites. L’alliance a été couronnée par le mariage de la fille du prince mitannien avec le souverain égyptien. Le mariage diplomatique s’est ensuite répandu sous le règne d’Amenhotep III, dont l’époque était connue par sa prospérité politique. Ce dernier a épousé des princesses babéliennes et mitanniennes afin de renforcer ses alliances.

Les bâtiments étaient, aussi, un moyen de prouver la puissance d’une civilisation. Les temples et bâtiments venaient asseoir la gloire des pharaons, leur autorité et leur force non seulement, auprès de leurs sujets mais surtout auprès de leurs voisins ou ennemis. Ainsi, les temples colossaux, comme celui de Ramsès II à Abou-Simbel, ont été creusés dans la roche aux frontières sud du pays, un emplacement qui ne doit rien au hasard. « Le souverain, avec ces volumes colossaux des statues, a voulu effrayer les ennemis de l’Egypte, et les inviter à inventer des légendes sur sa puissance surnaturelle et sa forte personnalité », reprend Amira Seddiq. Autant de stratégies qui prouvent la puissance et l’intelligence des civilisations anciennes.

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