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Un bâtiment irrévocablement touristique

Dalia Farouq, Lundi, 29 juin 2015

Après 10 ans de fermeture, le sort du vieux bâtiment de l'hôtel Grand Hyatt (ex-Méridien) semble se décider en faveur de sa rénovation.

Un bâtiment irrévocablement touristique

Le bâtiment de l’ancien Méridien du Caire ne sera pas démoli. Du moins pour le moment. C’est la décision qui a été prise à l’issue d’une réunion la semaine dernière entre le premier ministre, Ibrahim Mahlab, et le propriétaire saoudien de l’hôtel Grand Hyatt (ex-Méridien), Cheikh Fahd Ibn Abdel-Aziz Al-Ibrahim. Celui-ci avait renoncé à son projet de démolir le bâtiment pour construire un complexe résidentiel à sa place. Dans un communiqué, le bureau du premier ministre a affirmé que ce bâtiment, considéré comme une oeuvre d’architecture d’une grande valeur, devra être préservé.

Cette réunion est supposée mettre fin à un débat vieux de 10 ans concernant le sort du bâtiment de l’ancien Méridien du Caire, situé sur la corniche du quartier Garden City. Sauf que l’investisseur saoudien en a profité pour présenter une étude pour le détournement de la circulation dans le voisinage de l’hôtel, toujours dans l’espoir de convertir le vieux bâtiment en complexe résidentiel.

« L’étude nous a été remise, mais l’idée même de construire des logements dans ce quartier déjà bourré d’embouteillages semble très peu réaliste », affirme un responsable du gouvernorat sous le couvert de l’anonymat.

L’histoire remonte au début des années 1990, lorsque le gouvernement a décidé de vendre certains hôtels appartenant à la société publique Egoth dépendant de la Société holding pour le tourisme et le cinéma. Ces ventes se faisaient dans le cadre d’un programme de privatisation destiné à pomper de nouveaux investissements dans le pays. En 1992, le Méridien du Caire qui s’étale sur une superficie de 22 000 m2 a ainsi été vendu à 70 millions de dollars à la Société saoudienne pour l’investissement et le développement appartenant à Cheikh Al-Ibrahim. En 2002, ce dernier a remplacé la société de gestion hôtelière Le Méridien par la société Royal Nile Tower (Hyatt) dont il est également propriétaire. Près de dix ans plus tard, plus précisément en 2003, l’hôtel a été partiellement fermé avant de baisser complètement les rideaux en 2005.

« Le contrat de vente stipulait que l’investisseur n’a pas le droit de changer l’activité de l’hôtel, qu’il doit continuer à l’exploiter, et travailler à réaliser l’intérêt du secteur égyptien du tourisme en faisant passer sa capacité de 258 à 1 000 chambres. C’était principalement l’objectif de la vente de l’hôtel », explique Mervat Hataba, PDG de la Société holding pour le tourisme et le cinéma. Elle ajoute que dans un premier temps, l’investisseur saoudien a respecté les clauses du contrat, en augmentant la capacité de l’hôtel de 717 chambres grâce à un nouveau bâtiment qu’il a fait construire à côté du vieil hôtel en 1996. « Mais dès que le nouvel hôtel a commencé à fonctionner, il a fermé le vieux bâtiment, d’abord partiellement puis complètement », raconte Hataba.

« La fermeture du bâtiment de l’ancien Méridien a réduit les bénéfices de la société saoudienne, et par conséquent, les impôts qu’elle payait à l’Etat », souligne Abdel-Fattah Al-Assi, président du secteur des hôtels au ministère du Tourisme. « La société Egoth devait agir pour obliger le nouveau propriétaire à ne pas changer l’activité de l’établissement », explique Al-Assi.

En 2009, Egoth a effectivement eu recours au Centre régional d’arbitrage commercial au Caire, pour amener le propriétaire à rouvrir le vieil hôtel selon les termes du contrat. « Finalement, l’affaire a été réglée à l’amiable en 2011, et la société saoudienne s’est engagée à commencer la rénovation du bâtiment en vue de son exploitation selon un calendrier précis qui devait prendre fin 2014. Mais la période d’instabilité qui a suivi la révolution du 25 janvier a empêché l’exécution du plan du développement à temps », poursuit Hataba.

En principe, aujourd’hui, avec le regain de stabilité, il y a plus de chances de voir ce développement se concrétiser.

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