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Le Wall Street Journal transfère son siège régional de Hong Kong à Singapour

AFP , Vendredi, 03 mai 2024

Wall Street Journal
Archives - Wall Street Journal. Photo : AFP

Le quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) a annoncé jeudi le transfert de son siège régional de Hong Kong à Singapour, une décision impliquant des licenciements, selon un courrier au personnel consulté par l'AFP.

Cette décision a été prise, explique le WSJ, dans le sillage d'autres entreprises étrangères ayant reconsidéré leur présence dans le centre financier international du sud de la Chine.

"Nous déplaçons notre centre de gravité dans la région de Hong Kong vers Singapour, comme l'ont fait de nombreuses entreprises que nous couvrons", a annoncé Emma Tucker, rédactrice en chef du quotidien économique et financier, dans ce courrier envoyé à la rédaction.

"Par conséquent, certains de nos collègues, principalement à Hong Kong, vont nous quitter. Il est difficile de leur dire au revoir", a-t-elle ajouté, sans préciser combien de licenciements sont prévus.

Le syndicat des employés du WSJ, l'IAPE, s'est cependant dit, dans un communiqué, "désolé d'apprendre que huit journalistes des bureaux de Hong Kong et de Singapour ont été licenciés".

Le Wall Street Journal avait annoncé début février le licenciement d'une vingtaine de personnes de son bureau de Washington. En Asie, le WSJ est aussi présent à Tokyo, New Delhi, Pékin, Séoul, Sydney et Taïwan.

Emma Tucker a indiqué que le WSJ réalise, plus largement, "des changements dans les opérations asiatiques", avec ce changement "géographique", mais aussi des changements "structurels", a-t-elle précisé.

"Nous rassemblons notre couverture commerciale, financière et économique", a-t-elle ainsi souligné.

Elle a encore déclaré qu'"au coeur de ces changements se trouve la création d'un nouveau groupe chargé des affaires, de la finance et de l'économie (...) avec un objectif commun: se concentrer sur les plus grandes histoires financières en Asie".

Les autorités hongkongaises ont adopté cette année une nouvelle loi de sécurité nationale. Selon ses détracteurs, elle permet d'accroître les possibilités pour la ville de poursuivre les dissidents, et inquiète les entreprises étrangères.

Ce texte renforce la loi sur la sécurité nationale mise en place par Pékin à Hong Kong en 2020 après les grandes manifestations pro-démocratie, parfois violentes, de l'année précédente.

Depuis l'entrée en vigueur de la première loi sur la sécurité, plus de 290 personnes ont été arrêtées, 174 inculpées et 114 condamnées, parmi lesquelles des personnalités politiques, militants et journalistes pro-démocratie.

La radio américaine Radio Free Asia a annoncé en mars avoir fermé son bureau de Hong Kong, disant craindre pour la sécurité de ses journalistes. En avril, l'organisation Reporters sans frontières a déclaré qu'un de ses représentants s'était vu refuser l'entrée sur le territoire.

Les autorités ont fermé plusieurs médiaux locaux, dont Stand News et Apple Daily.

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