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First Abu Dhabi Bank veut acquérir EFG Hermes

Marwa Hussein, Mardi, 15 février 2022

Le plus grand créancier des Emirats arabes unis, First Abu Dhabi Bank, est en pourparler pour acquérir la plus grande banque d’investissement égyptienne, EFG Hermes.

L offre contribuera   la hausse des prix d EFG Hermes et d autres actions du secteur financier non b
L offre contribuera la hausse des prix d EFG Hermes et d autres actions du secteur financier non bancaire. (Photos : Reuters)

La banque d’investissement égyptienne EFG Hermes a déclaré avoir reçu une offre non contraignante de First Abu Dhabi Bank (FAB), le plus grand créancier des Emirats arabes unis, pour une participation d’au moins 51% dans son capital. « La conclusion de l’accord et le prix d’achat final dépendent des approbations réglementaires », a déclaré EFG Hermes dans un communiqué. Selon les règles du marché égyptien, une offre publique d’achat portant sur 100% des actions est obligatoire si l’acheteur potentiel vise une participation de plus d’un tiers de la société cible.

Les analystes et les opérateurs sur le marché boursier ont bien accueilli la nouvelle que plusieurs décrivent d’impromptue. « Les banques émiraties s’intéressent aux marchés où le taux de croissance est élevé. Cette transaction se répercutera positivement sur les actions du secteur financier non bancaire », prévoit Amr Al-Alfy, responsable de la recherche à Pharos. « Cela fait quelque temps que les entreprises émiraties s’intéressent au marché égyptien. L’exemple le plus récent est l’acquisition en décembre de la société de développement immobilier égyptienne, SODIC, par l’entreprise émiratie Aldar, moyennant une participation de 85,52 % », ajoute-t-il.

Un prix juste ?

Pour Radwa Al-Sweifi, responsable de la recherche à Pharos Holding, l’offre est positive. Elle reflète l’intérêt porté par les institutions dans la région du Golfe au marché égyptien. « Elle rappelle aussi que les prix des actions à la Bourse égyptienne sont trop bas. L’action d’EFG-Hermes et d’autres actions du secteur financier non bancaire, comme celles de GB Capital et CI Capital, vont sans doute s’épanouir », analyse Al-Sweifi.

L’offre de la FAB évalue l’action d’EFG-Hermes à 19 L.E. (1,21 dollar) et valorise EFG Hermes à 18,5 milliards de L.E. (1,2 milliard de dollars). C’est-à-dire 21% de plus que le cours de clôture d’EFG Hermes (15,74 L.E.) le 8 février 2022. Plusieurs analystes estiment que le prix fixé par la FAB est inférieur au prix juste de l’action. « Je m’attendais à une offre plus importante et une prime de l’ordre de 30 à 40%, surtout que le prix de l’action est inférieur au prix juste », affirme Amr Al-Alfy. Pharos Holding valorise l’action d’EFG Hermes entre 20 et 23 L.E. « Nous nous attendions à une offre valorisant l’action à 20 L.E. au moins, mais en tout cas, la nouvelle est positive pour la Bourse et donnera lieu à plus d’activités sur le marché », estime Radwa Al-Sweifi.

En 2013, un accord entre EFG Hermes et QInvest LLC, la plus grande banque d’investissement du Qatar, n’avait pas été conclu en dépit de la volonté des deux parties de le conclure. « Les deux entités voulaient conclure l’accord, mais l’Autorité de régulation financière n’a pas approuvé la transaction. Il n’est pas impossible que les régulateurs rejettent l’accord de la FAB, non plus », explique Amr Al-Alfy. Et d’ajouter que Hermes est la plus grande société d’investissement en Egypte. Elle possède des investissements dans des entreprises publiques et vient aussi d’acquérir 51% de la Banque d’investissement arabe. « La FAB a acquis en 2021 la banque libanaise Audi en Egypte et la Banque d’investissement arabe. On verra ce qu’en pensent les différents régulateurs concernés par l’offre », affirme Al-Alfy. La FAB est le résultat de la fusion, en 2017, de la National Bank of Abu Dhabi et de la First Gulf Bank. Elle appartient à 50 % au fonds souverain Mubadala Investment Co. et à des membres de la famille dirigeante de l’émirat.

« Si l’acquisition est conclue avec succès, cela donnera à la FAB l’opportunité de contrôler une 3e entité bancaire en Egypte et augmentera ainsi sa part de marché dans le système bancaire égyptien », souligne une note de Sigma Capital, qui mentionne l’acquisition de la filiale égyptienne d’Audi Bank pour un montant total de 6,7 milliards de L.E. en 2021.

En tout cas, l’offre qui a fait du bruit à la Bourse et dans les milieux financiers est la perpétuation d’une vague de fusions et d’acquisitions en Egypte. Selon une analyse de la newsletter financière Enterprise, 2021 a vu une accélération des fusions et des acquisitions avec 233 entreprises ayant conclu des transactions, soit environ 50 % de plus que l’année précédente, tandis que la valeur totale des transactions a augmenté de 486% pour atteindre 9,9 milliards de dollars. Les analystes en Egypte prévoient plusieurs acquisitions et offres publiques en Bourse durant l’année 2022.

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