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Prix du gaz naturel : Une hausse qui s’impose

Amani Gamal El Din, Mardi, 02 novembre 2021

Le gouvernement a augmenté le prix du gaz naturel à usage industriel de 4,5 à 5,75 dollars par million d’unités thermiques britanniques. Une décision rendue nécessaire par la hausse des cours mondiaux.

Prix du gaz naturel : Une hausse qui s’impose

Le gouvernement a décidé d’augmenter le prix du gaz naturel destiné aux industries à haute intensité énergétique, comme les usines de fer et d’acier, celles des engrais et des pétrochimies, d’environ 28,7 %. Celui-ci est passé de 4,5 à 5,75 dollars par million d’unités thermiques britanniques (BTU). Alors que le prix du gaz destiné aux autres industries a été fixé à 4,75 dollars par million de BTU. La décision est la conséquence de la hausse des prix mondiaux du gaz naturel, elle-même due à une crise d’inflation globale et à la faiblesse des chaînes d’approvisionnement mondiales. « Avec la hausse des cours mondiaux, il est normal que le gouvernement cherche à établir un équilibre entre ses dépenses et ses revenus. Même avec la hausse des prix, ces industries restent largement subventionnées », explique Mohamad Saad Al-Dine, président du Comité de l’énergie à l’Union des industries.

Par le passé, le gouvernement avait diminué à deux reprises le prix du gaz destiné au secteur industriel. En octobre 2019 pour privilégier les industries à forte main-d’oeuvre, puis en mars 2020 suite à la pandémie du Covid-19 dans le cadre d’un plan de stimulus pour aider le secteur privé à surmonter la crise économique.

Réactions plutôt positives

Les réactions vis-à-vis de la décision sont divergentes. Khaled Aboul-Makarem, président du Conseil d’exportation des engrais chimiques, critique la décision. Il estime que la facture sera exorbitante parce que la plupart des entreprises ont signé des contrats d’exportation pour trois mois à l’avance. « La conjoncture mondiale actuelle entrave les importations et ces entreprises risquent d’importantes pertes », prévoit-il.

D’autres industriels soutiennent la décision. Ainsi, Mohamad Saad Al-Dine pense que le contexte actuel offre une occasion favorable aux industriels égyptiens d’accroître leurs chiffres d’affaires en optant pour l’exportation. « Cette hausse des prix est raisonnable compte tenu des cours mondiaux. Les produits égyptiens auront donc un avantage compétitif et pourront conquérir de nouveaux marchés, surtout avec la faiblesse de l’offre mondiale. La Chine envahissait jusqu’à récemment les marchés européens, alors que les coûts de transport ont augmenté de 500 %. Nous avons le privilège de la proximité géographique avec l’Europe », explique-t-il.

Un avis partagé par Radwa Al-Sweifi, analyste en chef auprès de la banque d’investissement Pharos. Lors d’une intervention sur la chaîne Al-Arabiya, elle a expliqué que le bilan financier des entreprises égyptiennes, notamment dans le secteur industriel, est très satisfaisant et que leur rentabilité est bien plus élevée, allant au-delà de la moyenne attendue. « Les exportations du secteur industriel égyptien ont augmenté suite à la hausse des prix mondiaux. Les industriels égyptiens sont bien placés pour augmenter leur marge de profit par rapport à leurs homologues étrangers. Cette dernière hausse des prix du gaz naturel ne risque pas de nuire à leur position », analyse-t-elle. « C’est une indexation des prix par rapport aux cours mondiaux qui établit une sorte de justice », explique Al-Sweifi, commentant cette hausse des prix.

Mohamed Shadi, économiste, adopte, lui, un jugement plus nuancé. Il juge bien placée la décision de hausser les prix, appelant toutefois à la vigilance le Comité d’indexation des prix qui « doit suivre de près l’évolution de la situation ». « Il y a des risques inflationnistes car certaines industries sont plus impactées comme celles du fer et du ciment qui sont des composantes essentielles des projets d’infrastructures en cours. Sans parler de la hausse des prix de certains produits et services qui peut accompagner l’augmentation des prix du gaz naturel », conclut-il.

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