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Bourse égyptienne : Fawry dans la cour des grands

Gilane Magdi, Lundi, 29 juillet 2019

L’entreprise de paiement électronique Fawry soumet 36% de son capital à la souscription publique et privée. Une démarche saluée par les analystes, qui estiment que cela permettra de redynamiser la Bourse égyptienne.

Bourse égyptienne  : Fawry dans la cour des grands
L'introduction de Fawry en Bourse est la première depuis octobre 2018.

La société de paiement électronique égyptienne Fawry a lancé les démarches relatives à son introduction en Bourse. Elle émet 254,6 millions d’actions, ce qui représente 36% de son capital. « L’offre est divisée en deux tranches: la première concerne la soumission de 31% du capital à la souscription privée durant la période du 26 au 31 juillet, alors que la deuxième concerne la soumission de 5 % à la souscription publique dès le 1er et jusqu’au 5 août », a indiqué le directeur financier de Fawry, Abdel-Majid Afifi, prévoyant le début de l’échange des actions de la société à la Bourse égyptienne pour le 8 août, après approbation par la Bourse égyptienne.

Fondée en 2008 par l’expert en technologie Ashraf Sabri, Fawry est la principale entreprise du secteur des réseaux de paiement électronique. Elle fournit aux consommateurs et aux entreprises des services financiers leur permettant de payer leurs factures gouvernementales et leurs achats via plusieurs canaux. Ceux-ci comprennent le paiement en ligne, via des machines conçues à cet effet, des portefeuilles mobiles ainsi que des moyens de paiement numérique au sein les banques.

L’entreprise a fixé, vendredi 26 juillet, dans un communiqué, le prix de son offre publique initiale à 6,46 livres égyptiennes (soit 0,3906 dollar) par action. Omnia Saber, analyste financière auprès de la maison de courtage Sigma Capital, explique que pour les 31 % de la souscription privée, 21 % sont acquis par deux banques publiques (la Banque Nationale d’Egypte, NBE, et la banque Misr) et le fonds d’investissement Actis, à raison de 7% chacun. « C’est une sorte de transfert de propriété entre les investisseurs actuels au sein de l’entreprise, qui voulaient vendre leurs parts à ces trois entités acheteuses », souligne-t-elle. Quant aux 10% restants, le groupe financier Hermes, qui gère et coordonne le processus d’introduction en Bourse de Fawry, a indiqué que l’offre s’adressait aux investisseurs étrangers « des Etats-Unis, d’Australie, du Canada et du Japon ».

Le prix de l’action de Fawry est décrit comme surévalué par les experts et les analystes en Bourse par rapport au bénéfice par action de l’entreprise. « En divisant le prix courant des actions de l’entreprise (6,45 L.E.) par le bénéfice par action Fawry (10 piastres), le ratio cours-bénéfice, évaluant la relation entre les bénéfices d’une entreprise et le prix de son action, est de 60. C’est un chiffre trop élevé par rapport aux ratios des entreprises cotées en Bourse (soit 10) », explique Issa Fathi Issa, membre délégué de la maison de courtage Al-Qahira Securities. Un avis partagé par Omnia Saber, qui expliqué toutefois qu’« en examinant le ratio cours-bénéfice d’entreprises similaires à Fawry aux Etats-Unis et en Europe, on remarque que le prix de leurs actions est lui aussi surévalué ». Elle prévoit la réussite de l’introduction en Bourse de Fawry, étant donné les bonnes performances de la société.

Augmenter les liquidités

Selon le site électronique de l’entreprise, celle-ci affiche en effet de bons résultats. Elle a réalisé des profits nets de 69,2 millions de L.E. en 2018, contre 53,7 millions en 2017, soit une hausse de 27,8 %. Les revenus opérationnels ont, eux, augmenté de 40,9%, pour atteindre 609 millions de L.E. en 2018, contre 432 millions l’année précédente. Elle a maintenu cette bonne performance en réalisant un profit net de 17,5 millions de L.E. durant le premier trimestre de 2019, contre 12,1 millions de L.E. durant la même période en 2018. « Le réseau Fawry a traité 600,1 millions de transactions l’année dernière, pour une valeur totale de 34,2 milliards de L.E. (2,1 milliards de dollars) », déclare le groupe financier Hermes dans son communiqué.

L’introduction de Fawry en Bourse est la première d’une entreprise privée depuis octobre 2018, date de l’introduction de l’entreprise de crédit à la consommation Sarwa Capital, et l’on estime qu’elle permettra de revitaliser la Bourse. Celle-ci souffre en effet d’une baisse de liquidités, et la soumission à la souscription publique de 5 % du capital de Fawry devrait lui permettre de retrouver une dynamique et de passer au vert. « Le fait de soumettre cette part, même petite, à la souscription publique va aiguiser l’appétit des petits investisseurs, qui attendent avec impatience de nouveaux produits. Conséquence : une augmentation du volume de la demande relative à l’action, ce qui pousse le prix de l’action à la hausse. A ce moment-là, les investisseurs privés vont vendre leurs actions en Bourse pour profiter de la hausse des prix de l’action », explique Issa Fathi, tout en ajoutant que Fawry représente une grande opportunité pour les investisseurs. « C’est la seule société dans le domaine du paiement électronique des factures gouvernementales et elle affiche des taux de croissance très prometteurs », précise-t-il. Il prévoit une hausse temporaire du volume quotidien des échanges, qui atteint actuellement 500 millions de L.E., contre 3 milliards de L.E. auparavant.

Omnia Saber paraît elle aussi optimiste pour ce qui est de l’introduction en Bourse de Fawry, qui aura, selon elle, un impact positif sur la Bourse égyptienne. « Les prix des titres financiers sont vraiment très attrayants actuellement pour les investisseurs. C’est pourquoi nous prévoyons le retour de la Bourse à ses niveaux élevés grâce à l’introduction de Fawry », conclut-elle.

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