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Une révision des chiffres

Amani Gamal El Din , Samedi, 11 mars 2023

Les perspectives du déficit budgétaire ont été revues à la hausse par le ministère des Finances. Ceci est dû essentiellement à la hausse du coût de l’emprunt. Explications.

Une révision des chiffres
Le cours de la tonne de blé a passé de 330 à 424 dollars. Photo : Reuters)

Le ministère des Finances a révisé certaines prévisions pour l’année financière 2023. Il a reconsidéré les perspectives du déficit budgétaire en pourcentage du PIB pour le situer à 6,8% contre 6,1% visé au moment de la préparation du budget. Selon les données de suivi sur la performance budgétaire au premier semestre de l’année financière 2022-2023, le déficit devrait atteindre 630,3 milliards de L.E. contre 547,4 milliards de L.E. prévus auparavant.

La première justification évoquée par le ministère des Finances est l’augmentation de son prix budgétisé pour le pétrole brut, qui est passé de 80 dollars le baril, lors de la formulation du budget, à une fourchette entre 90 et 95 dollars. S’y ajoute le cours de la tonne de blé, ayant passé de 330 à 424 dollars. « Chaque dollar de plus dans les cours du pétrole coûte au budget de l’Etat un milliard de L.E. Ceci en plus du coût qu’il assume en raison des différences du taux de change », a expliqué le ministère.

Les chiffres du déficit budgétaire enregistrés au terme de la première moitié de l’année fiscale 2023 (de juillet à décembre 2022) ont atteint 4% du PIB contre 3,6% à la même période en 2022, soit 40 milliards de dollars. Selon une note publiée par la banque d’investissement Al-Naeem Holding, le budget a enregistré une hausse des dépenses, ainsi que des revenus. Les revenus ont augmenté de 14,6%, pour se situer à 573 milliards de L.E. en raison de la hausse des recettes provenant de l’impôt sur le revenu et de l’impôt foncier. Dans l’ensemble, les recettes fiscales représentent 81% des revenus, soit 462 milliards de L.E. à la première moitié de 2023.

Selon la note d’Al-Naeem Holding, les dépenses ont augmenté à un rythme beaucoup plus rapide, soit 23,5%, pour atteindre 941 milliards de L.E. à la première moitié de 2023 contre 786 milliards un an plus tôt. Les hausses les plus importantes étaient dues aux paiements d’intérêts (42°% des dépenses totales), qui ont augmenté de 36,5°%, et au coût de la dette du gouvernement, en raison de la hausse des rendements sur les titres des bons du Trésor. En outre, les salaires ont augmenté de 9,6% pour atteindre 194 milliards de L.E., alors que les subventions et prestations sociales ont légèrement crû de 1,8% pour atteindre 138 milliards de L.E.

La note conclut que le déficit enregistré des six premiers mois de l’année fiscale 2022-2023 est plus important que celui prévu plus tôt en raison de la hausse des taux d’intérêt et du coût de l’emprunt du gouvernement qui a augmenté depuis août 2022. Les rendements sur les bons du Trésor ayant encore augmenté à partir de janvier 2023 pour les aligner sur les données de l’inflation. En conséquence, il est possible que le déficit réel pour l’exercice financier actuel 2022-2023 franchisse les 7 % du PIB.

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