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Une augmentation injustifiée

Mercredi, 16 mars 2022

Les commerçants exploitent la hausse des cours des céréales au niveau mondial pour augmenter les prix du pain non subventionné.

Une augmentation injustifiée
Les prix du pain non subventionné ont augmenté de 25 piastres chez les boulangeries.

Au cours de la semaine dernière, les prix du pain non subventionné ont subi une hausse de 25 à 50%. Le prix de la galette du pain « baladi » de petite taille est passé de 50 piastres à 75 piastres et celle qui coûtait une livre se vendait désormais à 1,25 L.E. « Depuis dimanche 6 mars, les boulangeries privées ont augmenté brusquement les prix du pain, en conséquence de la hausse des prix de la farine », a dit à Al-Ahram Hebdo Mohamad, petit vendeur qui achetait les pains des boulangeries pour les vendre aux consommateurs. « J’achète actuellement la galette du pain baladi à une livre pour la revendre à 1,25 L.E. au consommateur. Auparavant, je l’obtenais à 80 piastres pour la revendre à une livre », raconte-t-il, en prévoyant une autre hausse de 25 piastres pendant le mois du Ramadan.

Pour sa part, Attiya Hamad, président du département des boulangeries à la Chambre du commerce du Caire, a décrit la hausse des prix du pain comme étant une hausse injustifiée et artificielle. « Les propriétaires des moulins et les commerçants, qui ont stocké de grandes quantités de farine, voulaient profiter de la flambée des prix au niveau mondial et national pour vendre la farine aux boulangeries à des prix plus élevés. Ce qui a incité ces dernières à augmenter les prix car elles ont acheté cher la matière première », souligne-t-il, en ajoutant que la tonne de farine de haute qualité, utilisée dans la fabrication des biscuits et des gâteaux, a augmenté à 11000 L.E. contre 9000 L.E. auparavant. Il indique que la farine utilisée dans la fabrication du pain baladi se vend à 8500 L.E. la tonne et que les prix sont redevenus stables après une période de hausse. Il a aussi appelé les commerçants à ne pas élever les prix des biens en stock.

Pour freiner la hausse exagérée des prix par les commerçants et augmenter l’offre sur le marché, le ministère du Commerce et de l’Industrie a décidé, le 10 mars, d’arrêter l’exportation des biens stratégiques, y compris le blé et la farine, pendant une période de 3 mois.

La montée des prix du pain non subventionné a suscité les craintes chez les 71 millions bénéficiaires des subventions du pain d’une hausse similaire du prix de la galette qui se vend actuellement à 5 piastres. Hussein Soliman, chercheur économique au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, écarte la possibilité d’une augmentation du prix du pain subventionné actuellement avec l’envolée des chiffres de l’inflation. « Les subventions du pain vont coûter 50 milliards de L.E. pendant l’exercice financier en cours. Cette somme est calculée sur la base d’un prix de blé de 250 dollars la tonne. Sous l’effet de la guerre Russie-Ukraine, le prix de la tonne a dépassé 350 dollars sur les marchés internationaux et donc il y aura une augmentation de 20 milliards de L.E. dans le chiffre des subventions », note-t-il.

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