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Des partis d'opposition au Soudan du Sud dénoncent des frais d'enregistrement exorbitants

AFP , Lundi, 25 mars 2024

UNICEF
Il est tragiquement ironique que, dans un Soudan du Sud indépendant, ses libérateurs, aujourd’hui au pouvoir, ne tolèrent pas les points de vue critiques et l’opposition politique, selon la Commission des droits de l’homme de l'ONU. Photo : UNICEF

Des partis d'opposition sud-soudanais ont dénoncé lundi 25 mars 24des frais "exorbitants" de 50.000 dollars exigés pour être enregistré avant les premières élections dans ce pays en proie à des violences à caractère politico-ethniques et à une instabilité chronique.

Le Soudan du Sud, plus jeune Etat de la planète qui a acquis son indépendance du Soudan en 2011, doit se rendre pour la première fois aux urnes d'ici la fin de l'année dans le cadre d'un accord de paix signé en 2018, mais les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux estiment que des obstacles majeurs subsistent.

La semaine dernière, le Conseil des partis politiques, un organisme créé pour préparer les élections, a institué que les partis politiques devaient payer 50.000 dollars (environ 46.200 euros) ou l'équivalent en livres sud-soudanaises pour s'enregistrer et pouvoir participer aux élections. Auparavant, 20.000 livres sud-soudanaises (environ 140 euros) étaient requises.

"Nous pensons que ces frais exorbitants n'ont aucun fondement et sont en contradiction directe avec le principe de démocratie et de participation politique équitable", a déclaré Gai Chol Pol, président du Forum du peuple uni, lors d'un rassemblement organisé devant le Conseil des partis politiques à Juba, la capitale sud-soudanaise.

Des dizaines de membres de 14 partis politiques d'opposition ont également participé à cette manifestation avant de remettre leurs doléances au Conseil des partis politiques pour demander des frais équitables.

"Ces frais de cours ne servent qu'à entraver et à décourager les citoyens d'exercer leur droit de participer aux prochaines élections", a déclaré Gai Chol Paul.

Le Soudan du Sud, l'un des Etats les moins développés de la planète, peine à se relever de la guerre civile qui a opposé de 2013 à 2018 les ennemis jurés Riek Machar et Salva Kiir, faisant près de 400.000 morts et des millions de déplacés.

Un accord de paix signé en 2018 prévoit le principe du partage du pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité nationale, avec Kiir comme président et Machar comme vice-président. Mais de nombreux projets restent inachevés, en raison de différends persistants entre les deux rivaux.

Le parti de Riek Machar a menacé de boycotter les élections si les principes clés de l'accord ne sont pas mis en oeuvre.

"Nous ne sommes pas contre les élections. Nous pensons simplement qu'une élection précipitée n'apportera aucune stabilité significative", a affirmé Machar samedi sur X.

Salva Kiir a de son côté rencontré la semaine dernière l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan du Sud, Nicholas Haysom, pour discuter des élections, a indiqué le gouvernement sur X.

Au cours de la réunion, "Kiir a souligné l'importance des élections pour déterminer l'avenir du Soudan du Sud et a souligné la nécessité pour toutes les parties prenantes de coopérer pour garantir un processus électoral fluide et transparent".

 

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